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UPPER - Zayin
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Message Sujet: Béton armé - ft. Rost    02.03.18 14:47



Rost Wulf'Bard & Alcyone Oberiann

Béton armé



La lumière.
Quelque chose clochait avec la lumière s'engouffrant par la fente de ses paupières entrouvertes, inondant et saturant bientôt sa vision encore brumeuse. Elle ne ressemblait en rien à celle, jaune sale, produite par les ampoules électriques samekéennes, mais Alcyone eut l'intuition immédiate qu'il ne s'agissait pas non plus de celle, céleste, du soleil. Une sorte de simulacre de lumière naturelle, une réplique plutôt réussie qui pourtant ne tromperait jamais celui qui a passé toute sa vie sous un ciel fidèle.

Et le vent. Le vent avait disparu.
Alcyone n'avait jamais réalisé l'omniprésence du vent. Parfois impétueuse, parfois à peine audible, étouffée par les différentes couches de feutre et de coton qui habillaient l'armature des yourtes zayines, sa mélodie ondoyante semblait indéfectible, même sous la chaleur écrasante d'un soleil d'août où l'oreille avisée pouvait déceler le chuchotement amorphe du vent dans les cimes des arbres.
Il avait était un compagnon de tous les instants, dont la présence obstinée ne se révélait que par son absence soudaine.
Cela ne devait signifier qu'une chose...

Je suis morte.

Ce constat s'imposa brutalement à son esprit tandis qu'elle reprenait pleinement conscience, s'extirpant progressivement du néant dans lequel elle avait sombré plusieurs heures auparavant.
Plus jeune, Alcyone s'était souvent interrogée sur la mort, ce concept quasi omniprésent dans la vie d'un surfacien. Les peuples post-Exil avaient abandonné les religions au profit de la survie pure et dure, dépouillée de toute notion de sacré, et étonnamment, l'effondrement technologique et scientifique n'avait pas entraîné d'essor du mysticisme. Les réflexions philosophiques d'Alcyone s'inscrivaient difficilement dans la vie quotidienne des clans, et son rôle de guerrière avait fini par lui inculquer une vision pragmatique du concept; la mort se résumait à un corps sans vie.

Mais au fur et à mesure que ses yeux firent la mise au point sur l'environnement étrange dans lequel elle se trouvait, Alcyone mit rapidement en doute sa certitude d'avoir succombé à ses blessures. Elle ignorait tout de la mort mais était à peu près certaine que cette dernière n'avait rien à voir avec les machines inconnues qui l'entouraient et émettaient des bips réguliers.
Une vague d'adrénaline lui traversa le corps et affola la fréquence des signaux sonores.
Elle se trouvait sous terre, chez les hommes-taupes.
Était-ce vraiment préférable à la mort et à son néant réconfortant ?

Se redressant dans un sursaut, Alcyone tenta d'extirper la lame qu'elle avait dissimulé dans sa manche durant le glissement de terrain mais son geste fut stoppé net dès son amorce ; des anneaux de métal entravaient ses poignets, l'enchaînant au lit sur lequel elle était étendue. Ses yeux glissèrent des menottes à son corps, dépouillé de ses habits de peaux et de fourrure au profit d'une tenue blanche qui lui était complètement inconnue. Un long tube souple semblait plonger sous la peau de son poignet droit.

Qu'est-ce que c'est que cette merde ?

Immobilisée et désarmée, la jeune guerrière prit brutalement conscience de sa vulnérabilité. La seule option qui s'offrait à elle était d'analyser son environnement, dans l'attente de l'opportunité de reprendre le contrôle de la situation.
Un rapide examen de la pièce souleva son cœur.

« Rost ? »

L'homme gisait, endormi ou inconscient, dans un lit installé à côté du sien. Sa situation n'était pas plus enviable ; il était lui aussi menotté et affublé de la même tenue étrange. Alcyone remarqua que les chevilles du guerrier étaient entravées, tandis que les siennes avaient été épargnées. Négligence de la part de leurs geôliers ? Ou ces derniers estimaient-ils que la jeune femme était une menace moindre ?
Profitant de cette liberté partielle de mouvement, Alcyone laissa choir la partie inférieure de son corps dans le vide. D'une jambe, elle tenta d'atteindre le Zayin, mais la distance qui séparait leurs deux lits lui permettait seulement d'en toucher les bords en métal, qu'elle se mit à secouer énergiquement.

« ROST ! Tu m'entends ? »

Elle se remémorait ses derniers souvenirs dans l'antre de métal, sa dernière injonction. Mais Rost n'avait pas fui, ou il n'en avait pas eu la possibilité. Ils vivraient ce cauchemar ensemble, et Alcyone n'aurait su dire si cette perspective la navrait ou la rassurait...

AVENGEDINCHAINS

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