Two Worlds :: UPWORLD :: Cordillère d'altair :: Refuges Zayin
avatar

UPPER - Zayin
Messages 116 CRÉDITS : thestral. & ROGERS.

Feuille de personnage
RELATIONS:
FATE BREAKERS:

Revenir en haut Aller en bas
Message Sujet: Des retrouvailles pour un nouveau départ    23.12.17 15:48


Des retrouvailles pour un nouveau départ

ft. Perséphone & Caïn Jónsdóttir


« I'm going home, back to the place where I belong and where your love has always been enough for me. »
Ses pas crissaient sur le chemin de terre. Ce son faisait partie de son quotidien depuis quelques mois... Depuis qu'elle était partie. Pourquoi était-elle partie de son foyer? Parce qu'elle voulait être vue comme autre chose qu'une guérisseuse à la "santé fragile" comme l'aurait dit son père.
Alors elle était partie. Résolue à chercher l'aventure, à faire ses preuves.

Après des nombreux mois à s'initier à la survie dans ce monde en ruine, à se débrouiller seule, Perséphone Elefteriah Jónsdóttir était de retour dans la cordillère d'Altair abritant les refuges de son clan. Perséphone s'arrêta un moment, savourant son retour et les odeurs de cet endroit où elle était née et qu'elle avait quitté, en soif d'indépendance.
Après quelques minutes, elle raffermi sa prise sur son vieux sac à dos, remettant - dans la foulée - son carquois attaché à sa taille en place et son arc dans son dos. Perséphone serra les dents quand une douleur lui vrilla la main gauche. Elle regarda le bandage provisoire qu'elle y avait mis. Ce dernier - blanc dans son ancienne vie - était d'un teint verdâtre témoignant de la présence d'herbe désinfectante et cicatrisante.
Elle s'était blessée il y a quelques jours en grimpant une falaise où elle avait mal analysé la stabilité d'un rocher. Si, ce jour là, elle n'était pas tombée en bas - là ça aurait été en pièces qu'on l'aurait retrouvée...Si on l'avait découverte un jour - elle s'était rattrapée à la seule pierre à sa portée mais cette dernière avait un côté coupant. C'est donc en serrant les dents que Perséphone termina son ascension, le poing en sang et une cheville foulée.
Ce n'était pas à cause de ses blessures qu'elle avait décidé de rentrer. Non. Perséphone s'était fait mal plusieurs fois au cours de son voyage et ce n'étaient pas une petite plaie et une entorse qui allait lui mettre des bâtons dans les roues. Depuis le début, elle s'était assurée à ne pas se blesser gravement...Même en étant guérisseuse, Perséphone ne pouvait se le permettre. Mais, bien évidemment, des plaies et autres infections avaient fait leurs apparitions! Cependant, Perséphone les avait soigné avant les complications. pas question de mourir ici, qu'elle se disait quand sa raison vacillait. "Pas aujourd'hui", se répétait-elle sans cesse.

Et la voilà aujourd'hui. Vivante et entière. Prête à se confronter aux siens. Surtout à son frère, resté seul après les morts de leurs frères et père ainsi que le départ de leur belle-mère, Edelweiss. Reprenant son souffle, remettant sa capuche en place, ses pas reprirent le chemin des refuges Zayin où la yourte familiale se dressait.

Au loin, la jeune femme remarqua les familles vaquer à leurs occupations quotidiennes. Elle voyait des parents donner des cours de défense à leurs progénitures, des habitants préparer le repas ou laver leur linge quand il ne le tendait pas sur des cordes pour les sécher sous le soleil. Rien n'avait changé. Plus elle avançait, plus les habitants se rendaient compte de sa présence. Certains ne la reconnaissaient pas. Il faut dire qu'elle avait changé! Elle n'était plus la guérisseuse fragile qui avait "tué" sa mère en sortant de son ventre, à la fois aimée et détestée par son propre père. Perséphone dégageait autre chose que cette époque. De plus. De différent. D'autres la reconnurent, à la vue de leurs yeux exorbités sur son passage. Perséphone entendu des murmures mais n'y prêta pas attention. Elle était de retour chez elle.


Quelques mètres plus loin, Perséphone Jónsdóttir arriva en vue de la parcelle de terrain occupée par sa famille. Elle sourit quand elle reconnu les couleurs familières des tissus formant leur hutte. Du bois solide maintenant l'édifice. A côté, la jeune aventurière remarqua les millepertuis, ces fleurs jaunes aux petits pétales, qu'affectionnait sa mère biologique. Ces dernières étaient mélangées à des pélargonium rouges qu'aimait son père. Ce dernier était un guerrier et en avait le caractère. Pourtant, Perséphone se souvenait l'avoir souvent surpris à s'occuper de ces fleurs. Elle comprit, plus tard, qu'elles étaient un hommage à sa première épouse, sa mère. La seule femme qu'il avait réellement aimé et que leur seule et unique fille avait "tué". Ce drame, bien qu'elle ne s'en souvienne pas, l'a poursuivie pendant des années à cause de la relation mi amour - mi ressentiment qu'elle entretenait avec son géniteur. Aujourd'hui, Perséphone sait que ce n'était pas sa faute et que sa mère ne lui en voulait pas. Elle n'y était pour rien. Ce n'était qu'un mauvais tour du destin. Pour reparler des fleurs, son père avait mélangé les pélargonium qu'il aimait tant aux millepertuis de sa mère pour symboliser l'amour qu'ils avaient l'un pour l'autre. Plus tard, quand il épousa Edelweiss Hope, cette femme Lamed, il avait - par respect pour sa seconde épouse - planter des edelweiss sauvages autour de ses plantations. Perséphone avait souvent surpris ses frères en train de les arracher au risque de se prendre la trempe du siècle par leur père...

...C'est pourquoi Perséphone ne fut pas surprise quand elle remarqua que, de ces fleurs, il ne restait plus grand chose. A part de la terre retournée. Après la mort de leur fratrie, de leur père, du départ de leur belle-mère et du sien, Caïn avait -enfin-pu arracher ces fleurs qui n'avaient "rien à faire aux côtés de celles de leurs parents". Elle soupira en constatant que Caïn n'avait jamais pu, à l'image de leurs deux frères décédés, accepté la présence de cette femme au côté de leur père. Pour eux, seule sa mère en avait le droit. Perséphone, tant qu'à elle, n'avait jamais connu quelqu'un d'autre comme mère et elle l'aimait. C'est pourquoi elle pleura en constatant que Edelweiss était partie. Puis, elle s'était faite une raison. Perséphone s'en était endurcie. Un mal pour un bien.

S'approchant de la yourte, Perséphone s'agenouilla et caressa les fleurs de ses parents. Perdue dans ses pensées, elle ne se redressa qu'au bout de quelques minutes. Prenant son courage en main, elle s'approcha de l'entrée et fit tinter la cloche annonçant la présence d'un visiteur.

code by ORICYA.