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UPPER - Zayin
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Message Sujet: lay my body down † Xander    19.12.17 6:01




LAY MY BODY DOWN
Ever seen a devil with a halo, ever seen an angel with some horns, everybody got their own demons, everybody fightin' their own war... I can be an angel sometimes I can be real fucked up...
Course effrénée entre les troncs de ces arbres dénudés… Sous le soleil incendiaire, la proie accoure dans une rapidité déconcertante, les pattes glissantes, la respiration cassante, la cage thoracique se levant frénétiquement. Elle s’enfuit face à cette folie, face à cette mort ahurie qui tente de rattraper son chemin interdit. La loi du plus fort qui se joue ici, quand tout ne devient plus que frénésie et extasie. Drogue d’adrénaline qui se répand dans le sang, qui fait battre le palpitant de ce prédateur sanglant. Silhouette désincarnée qui se découpe entre les feuilles tombées et les différents bruits de la forêt. On la voit s’enfoncer toujours plus profond dans cette nature furibonde. Et pourtant elle continue cette traque insensée, la poupée qu’on prenait bien trop souvent pour une fragilité. Petit joyau d’humanité qui s’accroche à la survie, elle s’était bien écartée de ses repères familiers, sous son désir de respirer. S’exiler pour éviter d’exploser. Alors elle se tenait là, à traquer ce pauvre sanglier qui attendait simplement le moment pour attaquer la poupée, mais qui pour l’instant s’amuser de cette chasse délabrée. Et la beauté elle suit comme une abrutie, car elle a des envies de violence refoulée, fantasmes d’une lutte difficile et d’une douleur livide. Ses doigts toujours apposés sur son arc, elle a les tremblements incessants. Mais l’adrénaline la tient dans cette cadence, dans cette démence. La poussant à toujours plus sombrer dans cette insécurité, pour se prouver qu’elle peut encore respirer. Et le sanglier il l’amène sur cette crique isolée, là où les barques se regroupent dans un amas désorganisé, là où elle pourrait enfin l’achever. Et sans se précipiter, la poupée elle s’arrête, son souffle saccadée, ses phalanges glacées. Elle prépare sa flèche, l’oeil affuté, guettant le moment parfait pour éteindre cette dernière dans la trachée de la proie égarée. Et elle attend encore un instant. Quelques secondes où l’environnement tout autour se meure sous cette contraction acide, sous ce silence perfide. Puis le frémissement, le moment qui stoppe le temps. Alors que la flèche s’échappe et qu’une silhouette dérape sous ses yeux macabres. Étranger qui devait rêver au lieu de contempler les alentours, il vient se glisser dans son champs de vision comme un sacrifice qui attendait simplement son jugement. Sa condamnation prématurée et le choc de sa flèche qui se plante dans son bras maigrelet. Le cri résonne dans les profondeurs de la forêt et la poupée elle a envie de lui crier dessus que c’est qu’un putain de simplet.

Et pourtant elle accoure à proximité pour venir aider cet enfoiré, ne faisant plus attention à la proie qui dans sa distance guettait à son tour l’instant parfait. Et elle reste bloquée Bane, elle reste paralysée quand elle reconnait ses traits si familier qui autrefois l’avait faite chaviré dans cette tornade d’émotions contradictoires. Il est là devant elle, le gars qui l’avait laissé là. Avec son coeur en éclat et son corps en fracas. Lui qui était parti sans se retourner, qui avait fait des promesses dans des murmures d’allégresse. Il l’avait effleuré la poupée, il avait dessiné les traits de ses délies avec une telle tendresse que celle ci avait espéré. Espérer de le garder à ses côtés. Mais elle s’était trompée et il s’était barré. Et tout ce qu’elle ressentait, elle avait essayé de l’extérioriser dans la danse des corps en désaccords. Dans l’allégresse de sa détresse. Et son coeur il est pourri, il est moisi quand elle le voit ainsi. Avec sa gueule de charmeur et ses yeux de conteur. Elle a envie de lui enfoncer d’autres flèches dans sa carcasse blessée, de lui infliger la même douleur avec laquelle il l’a profanée. Et pourtant le sanglier il l’empêche juste de s’exécuter quand de sa démarche lente s’ensuit cette violence prématurée. La tête bien avant il se met à les charger et la poupée elle n’a plus le temps de songer. Elle attrape le blessé pour le tirer dans sa barque d’infortune et elle pousse le bateau sur l’eau pour à son tour monter dessus. Et elle s’enferme dans sa prison dorée, dans son mutisme imparfait alors qu’elle tend son arc pour tirer quelques flèches vers le prédateur qui essaie encore de les atteindre. Se concentrant sur l’animal plutôt que ce connard bestial. Puis la sécurité revient les encercler alors qu’ils voguent sur les flots sereins, sous cet air malsain. Et elle ne se retourne pas Bane, elle garde son regard vers le rivage pour éviter de faire un carnage. Car son coeur il est en apnée, son palpitant il va exploser. Et son sang bouillonne dans ses veines serrées.
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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    19.12.17 14:59



Bane & Ash

LAY MY BODY DOWN


Je.
Caresse.
Ton.
Absence.


Et les souvenirs nostalgiques, souvent. Et l'indifférence, la fatigue, le lâcher-prise. Courageux face aux dangers du monde, couard aux premiers instants d'une proximité quelconque. Une fois encore, l'enfant maudit a abandonné sa grand-mère à sa solitude vieillissante, lui promettant un prompt retour, et des victuailles, des aventures et des surprises. Promesse qu'il tient toujours, et qui déchirent le cœur de la vieille. Il y a trop de rides sur son visage, qu'elle dit, il n'y a plus de place pour de nouveaux soucis sur sa peau, de nouvelles ridules d'inquiétudes. Mais le gosse est ingrat, même à 27 piges, et il abandonne sa famille pour embrasser le monde, fuyant le cœur pour un peu plus de frisson. Et un bon bouquin, à lire à la nuit tombée, le long d'une berge.

Si la nuit ne tombera pas avant de longues heures, usé par de trop longs jours dans le clan sans fuir, le marin prend de l'avance sur son confort et balance son ancre alors que le soleil tabasse encore le monde. Il a peur, Xander, peur de trouver un sens à tout ça et de vouloir rester là-bas. De ne plus vouloir repartir, de larguer l'ancre définitivement et de dire adieu au Fleuve. C'est qu'il n'est pas fait pour ça, perdu dans un univers de curiosité égoïste qui lui dévore l'âme et le porte toujours plus loin dans l'imprudence.

Saturé de l'insolence de ceux qui n'ont qu'une vie, Ash soigne son navire et sort un peau d'huile, un pinceau, bien décidé à refaire une beauté à Ninka. Son père a appelé le rafiot comme sa mère. Tout ça n'est rien de plus qu'une histoire de famille, et un cercueil ambulant. La nonchalance en sourire sur sa gueule de con, l'artisan navigateur se met à la tâche et il lui faut une heure pour se lasser, estimant la proue suffisamment astiquée pour lui arracher un étrange sentiment de fierté et de tendresse, juste ce qu'il faut pour lui servir de prétexte à un moment de détente. Un fagot de bois flotté et de branches est assemblé, au gré des cadeaux de mère nature, au hasard d'une plage de galets irréguliers, bande d'un mètre à peine qui borde la crique. Le soleil est encore haut, mais il aime trop les feux de camp pour ne pas y penser, déjà. Ça lui aère les neurones, Ash, de marcher sur la terre ferme. Il y a un fond d'orage et de violence, charrié par le vent. Et il n'entend qu'un sifflement.

« Putain de merde ! Chier ! » Réflexe, ordurier mais respectueux. Retenu, trois secondes trop tard, suffisamment pour ne pas trop attirer l'attention malgré lui, la survie tatouée au derme de ses omoplates. Ivre d'une douleur fracassante qui lui irradie le bras, Xander pose genoux à terre. L regarde, regarde longuement le fagot de bois qu'il a laissé tomber. Et la régularité des branches. Et il respire, respire avec attention, le quelque chose de terreux et d'indescriptible qui lui prend les narines, l'odeur humide du fleuve et grasse de sa coque encore en train de sécher. Et il écoute. Il écoute et il entend, le bruit des sabots et des pas. Un râle lui échappe, murmuré entre ses lèvres crispées par la douleur. De merde. Pu. Tain. Ça bourdonne, déjà, dans ses esgourdes assourdie par cette foutue douleur qui remonte le long de ses nerfs et court gaiement jusqu'à sa caboche. Lentement et avec précaution, le batelier se redresse, fixé à l'objectif. Le fagot de bois, d'abord, puis son bateau. Son foyer. Il ne veut pas savoir, qui lui en veut ou ce qu'il craint, il veut juste ses flots et son abandon. Se redresse, alors, et tente un pas ou deux, abruti par la brutalité de l'attaque. Ça court vers lui, et il ne sait pas qui de l'assaillant ou de la bête le trouvera en premier. Un éclair blond l'approche, il ne le voit qu'à moitié, hagard. Il veut Ninka. Il veut le fleuve. Il veut être samekeen, sur son bateau pour se vider s'il le faut. Si c'est l'heure. Mais au sol, pas à terre. Les albatros sont faits pour la mer, qu'il se répète un peu connement avant de se prendre une gifle en pleine gueule quand enfin le visage poupin parvient à se faire un chemin dans son encéphale embrumé. Bane. Et il ne réagit pas, pas tout de suite, bousculé jusqu'à son navire, balancé sur les courants, un filet de sang ruisselant jusqu'au bout de ses doigts. Derrière eux, il reconnaît la silhouette difforme et sauvage d'un sanglier. Et puis la blondeur, encore, à la poupe. La blondeur qui lui tourne le dos. Toujours débile de douleur, le navigateur se fout à la barre et dirige son précieux rafiot loin de l'animal enragé.

Le vent vient caresser sa carcasse et il frissonne, là. Et il frissonne encore à voir la sauvage à bord de son bateau, celle-là même qui ne l'a pas retenu quand les glaces se sont brisées et ont rendu sa liberté à son navire et son cœur. Cet organe desséché qu'elle avait abîmé, marqué, saccagé. Il a gardé son nom en cicatrice à la surface de ses fausses indifférences. Et la voilà qui débarque, là, sur sa barque, et qui le blesse, moins sûrement que par le cœur, bien violemment pourtant pour son corps. Il tremble, un peu, de douleur et de rage, s'imaginant l'attraper par la gorge et la balancer par dessus bord pour qu'elle aille jeter ses sortilèges plus loin. Qu'est-ce qu'elle fout là ? Maintenant. Pourquoi. Au milieu de l'adrénaline et de l'endorphine, Monsieur voit rouge. L'envie de la gifler le surprend, preuve d'une rémission discutable de cet hiver passé à ses côtés. Les yeux se plissent, et les narines se dilatent. Il ferme un poing valide avant d'entendre, étrangement, le bruit des gouttes qui tombent sur le pont. Les gouttes de sang, qui font ploc, qui font plac. Et plic. Plac. Ploc. Sur Ninka et son âme effritée. Plic. Ash gronde doucement, jure dans des langues et des dialectes divers qu'il a appris par cœur à force de voyages. Et il abandonne la barre pour approcher la belle, se collant dans son dos pour souffler à sa nuque, le regard halluciné et le vertige certain. « Je suppose que tu ne me cherchais pas. J'veux pas savoir ce que tu fais là. » Et l'ignorera jusqu'à la mort, peut-être plus proche s'il ne fait pas quelque chose pour son bras, visiblement tranché en pleine artère. « Tu me diras où tu veux que je te dépose, quand j'aurais réparé tes dégâts. » Les littéraux, ceux qu'il peut panser avant qu'elle ne l'atteigne encore de ses grands yeux bleus. Avant qu'elle ne lui rappelle, une fois de plus, qu'il y a quelques capacités affectives sous les carapaces de cuir et de charme qui sont les siennes. « Et t'as plutôt intérêt de m'aider à nettoyer, après. » Il s'éloigne, résistant à l'envie de la précipiter dans la flotte ou de glisser ses doigts ensanglantés aux épis blonds de sa chevelure damnée. Va crever, sorcière. Le marin recule et s'en va fouiller quelque part ailleurs, dans une caisse renfermant il ne sait quoi encore pour arracher cette flèche de malheur et s'improviser un bandage de fortune. Il ne sait pas encore où il allait, n'avait pas prévu autant de danger à moins d'une demie journée de la vieille et de ses inquiétudes qui lui creusent le visage. Ses yeux se lèvent, calmement, vers le ciel bleu lézardé de gris. « Il va pleuvoir. »

On aura le temps à l'orage
La baie fut de passage
Puisque mes doigts résistent encore
Je vomis les cœurs de tous ces corps
On me veut forfait du combat
Mais moi je veux me battre avec toi

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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    19.12.17 18:39




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Colère qui se répand, et qui s’éprend de ce sang bouillonnant. Le coeur qui se précipite et qui s’effrite dans cette cage thoracique. Et ses pensées, ses songes entremêlés qui l’empêchent de réfléchir comme il faudrait. Simple effet qu’à ce visage familier sur son corps abîmé. Frêle souvenir de ces mémoires d’antan, de ses saveurs qu’elle a oublié avec le temps. Poupée qui se persuade qu’elle a réussi à effacer cet égaré de son existence damnée. C’est comme si le hasard avait décidé de ruiner tous ses espoirs pour lui rappeler ses idées noires. La replongeant directement dans ce déboire. Aimant rasoir qui apparait sous ses yeux grands écarquillés, qui se laisse percer à jour sous le soleil incendiaire. Suicidaire solaire qui se prend cette flèche à cause de son inattention précaire. Le sang s’écoule sur le sable fin, alors que l’environnement semble se figer en un instant. Perles rougeâtres qui font remonter le passé en surface. Cauchemar oppressant, hantise permanente. Elle accoure la blonde sous cette vision carmin, son palpitant battant précipitamment. Et lorsque les traits viennent se figer sous son regard ambré, elle a tous ses sentiments refoulés qui reviennent la saccager. En une tourmente désespérée, en une contradiction instantanée. Car il lui avait échappé, lui et ces mots si particuliers. Sous la fonte des glaciers, il avait filé sans un soupir à sa portée. Sans un adieu à lui conter. Et ça la poupée elle n’a rien oublié. De cette détresse inavouée, de cette tristesse maquillée derrière sa dureté. Elle n’avait pas effacé les cicatrices sur son coeur tatoué, elle n’avait jamais réussi à se débarrasser de ces empreintes sur sa carcasse veloutée. Et là elle ne pouvait pas exploser car le danger était trop proche de les faucher, alors elle se précipitait, essayant d’exorciser toutes ses idées ensanglantées. Elle s’échappait avec lui sur son bateau pourri, sur ce rafiot où il s’est enfuit. Le palpitant inerte et le souffle défaite. Elle tente Bane, elle tente de faire comme si de rien n’était, de songer à autre chose que de le tuer. Mais le sanglier s’éloigne sous les flots légers et déjà le monde se découpe sous la réalité. Sous cette vérité qu’elle est bloquée. Enfermée dans cette prison dorée avec celui qu’elle ne peut plus supporter. Et elle se contient la poupée, elle se contrôle sous son mutisme habituel, ne perdant pas les vagues de ses yeux océans.

Seul l’écho de gouttes ainsi que les rugissements de l’errant arrivent jusqu’à ses tympans. Mais elle ne se tourne pas la jolie, elle se renferme dans son déni pour éviter de faire une folie. Et elle le sent lui, lui qui se permet de la crever ainsi. De son toucher si innocent et si arrogant. Lui qui prend son temps pour l’enterrer vraiment. Et elle, elle a le sang qui se répand trop furieusement, elle a le coeur béant qui se tue de battements. Si seulement, elle n’était pas allée chasser. Si seulement, elle s’était échappée en voyant le blessé. Putain qu’elle regrette la poupée de ne pas s’être cassée comme il l’avait fait, de le laisser dans un immense merdier avec son palpitant fissuré. Et le souffle fiévreux contre sa nuque glaciale, le tremblement qui l’envahit alors qu’elle reste dans son agonie.  « Je suppose que tu ne me cherchais pas. J'veux pas savoir ce que tu fais là. » Puis la violence de quelques mots qui ne font qu’accentuer ses maux. Ne dis rien beauté, ne fais rien poupée. Rien que tu pourrais regretter. Elle serre ses phalanges glacées Bane, elle les serre sous la colère aiguisée qui vient la dévorer. « Tu me diras où tu veux que je te dépose, quand j'aurais réparé tes dégâts. »  Et le rejet et cette indifférence qui la font étouffer sous la démence. Petite bombe prête à imploser et à l’éjecter de son bateau chéri. Elle veut l’étouffer cet enfoiré jusqu’à que l’air lui manque et que son coeur explose sous le manque. Elle veut l’entendre supplier, balbutier des excuses délabrées et garder son sourire carnassier sur ses lèvres rosées. Pour lui prouver, ouais, pour lui prouver qu’il n’est plus rien qu’un déchet. Qu’une petite ordure qu’elle est prête à jeter. « Et t'as plutôt intérêt de m'aider à nettoyer, après. »  Et enfin il vient se décoller d’elle, alors qu’elle lache un soupir agacé, que ses doigts violacés sous la violence de ses poings relâchent la pression en une certaine libération. Puis sa carcasse vient se retourner pour faire face à cet enfoiré. Alors que ses prunelles haineuses se déposent sur ses traits qu’autrefois elle avait embrassé d’une tendresse délabrée. Aujourd’hui elle voulait juste les marquer de sa violence, juste effacer cette beauté au travers d’une vengeance bien élaborée. Et le brun il continuait de l’ignorer dans l’art de son arrogance, sortant une caisse remplie d’un bordel incroyable et elle observe Bane  sans bruit pour se rapprocher délicatement et fouiller dans la petite boite. Tandis que Xander se perd dans les grandeurs de ce ciel en apesanteur qui menace de ses nuances grisâtres. « Il va pleuvoir. »  Et c’est le moment qu’elle choisit pour retirer la flèche avec une rapidité déconcertante avec un certain mépris. Un sourire léger sur ses babines retroussées, elle ne cache pas la joie qui vient l’encercler face à cet acte délibéré. Même elle l’exhibe cette sadique, tandis que ses doigts attrapent un tissu taché pour l’enrouler autour de la plaie. Néanmoins, la poupée s’applique pour bien serrer son bras pour éviter l’effusion d’hémoglobine puis elle se recule enfin, reprenant son air malsain et glissant ses mains dans l’eau pour nettoyer les effluves ensanglantées. Puis la cruauté qui se libère de sa bouche acidulée, quelques mots sadiques qu’elle lui offrait avec une ironie aiguisée. « Ravi de te retrouver Xander. » Quelques syllabes bien suffisantes pour ce médisant. C’est tout ce qu’elle était prête à déblatérer pour la journée.
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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    20.12.17 19:10



Bane & Ash

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L'esprit en vague, à l'âme, il s'égare. Il s'égare et se balade dans un coin de sa boîte crânienne, plus marin qu'humain, la conscience abandonnée aux caprices de la météo et des courants fluviaux. Il écoute, le bateau et le bruit des ondes aqueuses qui toujours se battent contre la coque et caresse la silhouette de son bien le plus précieux. Il écoute le vent, les nuages, les oiseaux, et oublie de surveiller la créature sauvage qu'il abrite sur son navire. Il va pleuvoir, c'est une certitude, faite de gouttes de pluie diluvienne et électrique, saturée d'orage et de danger palpable. Les pieds ancrés au pont et la tête dans les nuages, Ash ne perçoit pas tout de suite la silhouette de la poupée dans son ombre, pas assez vite son attaque gonflée de fourberie qui fond sur son bras et en arrache la flèche dans la moindre pitié. Alors il gronde, un son brutal percutant la porcelaine de ses dents dans un écho guttural. Connasse. Et tant d'autres noms d'oiseau, tous plus charmants les uns que les autres. Il y a le sang, encore plus, qui s'écoule sur sa peau tannée par le soleil et le vent. Il y a le sang et un léger vertige quand la douleur revient lui bourdonner aux oreilles, quand le lancinant se fait vif dans ses chairs et embrase le circuit complexe de ses nerfs. Et il est trop débile, trop abruti, pour prendre la mesure de la méchanceté sur son minois de gamine, quand il relève deux yeux noirs vers son visage et qu'il se paume davantage, là, dans le rebondi de ses joues et le galbe de ses lèvres. Les souvenirs ont la peau dure, la cuirasse épaisse, en parasites difficiles à abattre. Il est trop bête, dans sa douleur et dans sa nostalgie, pour la voir choper un tissus sale et l'enrouler autour de sa plaie, s'improvisant infirmière de malheur. Imbécile. Imbécile. Débile. Abruti. Il ne doit pas la laisser faire, n'aurait pas dû la laisser s'approcher, l'Assassine. Les mots s'approchent, tombent de sa hauteur à elle pour cajoler son tympan d'une voix sirupeuse. Poison perfide. « Ravi de te retrouver Xander. » Va chier. L'acidité est ravalée, prestement, juste avant l'explosion. Avant le volcan. Il secoue la tête, Ash, et regarde la berge au loin. Ses doigts s'accrochent déjà au bord du bandage, dont il va devoir se débarrasser, pour nettoyer la plaie et désinfecter. Pour ne pas risquer de voir le blessure se gâter et son bras amputé. Tu m'emmerdes. « C'est que ça t'en aura pris du temps, pour me retrouver et venir me tuer, Bane... » qu'il lâche, se redressant calmement, un sourire en demie-lune accroché à l'angle de sa bouche. La prunelle moqueuse, un peu, par delà les pulsions meurtrières et violentes l'animal acculé qu'il sait être une fois blessé. Dans ses chairs ou dans son cœur. La blonde, elle l'a laissé partir, comme un détail, une bagatelle. Elle lui a dit, un matin, que les glaces étaient brisées, qu'il pouvait naviguer. Elle n'a pas cherché à le retenir, et il n'a pas voulu s'imposer. Alors qu'il serait resté. Ou qu'il serait revenu. Il aurait pu, sans doute, se créer un ersatz de foyer, décider d'un endroit où rentrer. Mais elle ne l'a pas retenu, il s'en rappelle maintenant qu'il la surplombe et baisse les yeux vers elle, arquant un sourcil éloquent. « La prochaine fois, ne loupe pas le cœur. » C'est déjà la deuxième fois, je vais finir par croire que t'aimes ça.

La tête haute, l'aventurier se dirige vers la trappe qui descend dans la cale de son rafiot, où sont planqués ses trésors et son matelas, son foyer nomade à lui. Grommelant entre ses lèvres, il avise son paquet de tabac et se roule une clope avant d'arracher le bandage et de jeter son haut salopé d'hémoglobine. Ses doigts nerveux avisent deux sachets de plantes, une bande de tissus propre et une chemise en lin avant de ressortir vers la surface, le ciel toujours plus gris, la blonde toujours plus présente sur son bateau et sous sa peau. Il s'allume sa cigarette d'un geste sec, se dirigeant vers la proue pour récupérer un peu d'eau potable à l'aide d'un bol en cuivre dans le fond d'un de ses bidons de voyage. S'asseyant en tailleur sur l'avant de son bateau, Xander entame de mélanger un peu des plantes à la flotte pour se créer une sorte de cataplasme qu'il applique directement sur sa plaie, de chaque côté et jusque dans le trou, hérissant la peau de son dos et serrant ses mâchoires. Chose faite, et le même bourdonnement au creux des oreilles, il entame l'élaboration d'un bandage un peu moins barbare, à l'image de ceux que Perséphone aura su lui inculquer. Et il tire sur la cibiche entre ses lèvres, encrassant ses poumons avec un enthousiasme colérique et groggy. Enfiler sa chemise sur son corps ankylosé par la seule pensée de la douleur est une action plus complexe, à mesure qu'il réalise le froissement de ses muscles abîmés par l'adrénaline, et les spasmes, et le reste. La douleur qui continue sourdement de se faire un chemin le long de son bras, de son épaule, de sa nuque, et jusqu'au cerveau, à lui en coller la nausée. Alors il s'affale de tout son long sur le bois froid et un peu humide, dans un soupir qui s'étend à l'infini, la nicotine daignant frapper son cortex cérébral et apaiser un peu ses humeurs, le bras valide fiché sous la tête pour un peu plus de confort. « Alors, Princesse ? » il interroge, la cherchant du regard sans s'écorcher d'un trop grand effort. « Tu sais où tu veux aller ? »

Puisque tu ne veux plus m'entendre
Sans Opinel pour te défendre
Dans ton dressing abandonné
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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    22.12.17 22:04




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Amants divergents, aimants convalescents… Ils se fracassent avec leurs crasses. Saletés qui déblatèrent au bout de leurs lèvres rosées ou bien de leurs phalanges glacées. L’armistice semblant bien enterrée, les hostilités reprennent plus violentes que jamais. Car leurs palpitants sont saturés de cette fierté, de cette plaie ensanglantée qu’ils continuent d’aggraver. Alors lui comme elle, ils se font du mal, ils s’infligent toutes les ecchymoses qui sont restées ancrer sur leurs peaux tatouées. Comme pour plus un peu plus se scarifier, comme pour détenir un peu plus les dès de ce jeu délabré.   Seulement dans ce manège bouillonnant, il n’y aura aucun gagnant. Aucun prix à gagner pour se ré-offrir une dignité. Alors la poupée elle est salée, la poupée elle est brutale sous les souffrances létales. Elle arrache cette flèche alors que le gamin se perd dans le ciel lointain, dans des rêves enfantins. Elle profite d’une légère distraction pour gagner sa libération. Et elle retire son poison de cette chair à l’envers sous cette colère amère. D’un coup sec et rapide, le bout de bois se retrouve sur la coque et le sang gicle précipitamment. Et les insultes qui s’enfilent joliment, comme un refrain entêtant. Connasse. Mots virulents qui montrent que le temps a su les rendre si indifférents. Bane elle a déjà son sourire accroché à ses canines aiguisées, ne laissant rien transparaitre sur ses traits guillerets. Car si lui se permet de telles insultes, elle, elle reste muette. Sa bouche cousue ne laissant transparaitre que ce rictus malsain, que cette fresque mensongère qui efface le chagrin. Mais elle n’en pense pas moins… Elle pourrait elle aussi, se crevait de facilité, déblatérer toute sa colère dans des remarques vulgaires. L’enterrer sous son regard amer, mais elle refuse, elle s’interdit de céder à cette folie. Car cela prouverait qu’elle est fragile, qu’elle tient encore à lui, à cet abruti. Et tout son mépris ne suffira pas à tuer son déni. Alors elle s’attarde, elle s’acharne à se faire infirmière cette meurtrière. De ses doigts frêles, elle enlace le bras de ce fracas avec une délicatesse oppressante, lui offrant un bandage d’infortune. Puis elle lache son venin sans tomber à son niveau, l’ironie comme simple simple écho. Et elle frappe là où ça fait mal, là où elle sait qu’elle peut se faire infernale. A l’aide de ce prénom, de cette familiarité qui prouve qu’autrefois, ils n’étaient pas que des étrangers. Elle appuie cette identité avec sa putain de fierté et elle le voit se décomposer, essayer de se contrôler. Avec son sourire toujours accroché, elle contemple la bombe sur le point d’imploser, mais qui se contient jusqu’à l’excès. Et il attaque l’orphelin, il reprend cet art abstrait dont il sait si bien utiliser. Ces mots qu’il adore conter. « C'est que ça t'en aura pris du temps, pour me retrouver et venir me tuer, Bane... »   Et il ose, il ose la provoquer comme si c’était elle qui devait éprouver des regrets. Comme si c’était elle qui avait fraudé. Avec son rictus léger et sa gueule cassée. Lui qui se lève pour la scruter de sa hauteur avec une certaine rancoeur. Et la poupée, à son tour, elle doit se contrôler, juste faire comme si tout lui coulait dessus. Mais elle est perdue face à ses sentiments distordues. Et elle a envie de créer une cohue, de le frapper, de pleurer, de lui hurler dessus. De se transformer en cette furie éperdue, mais elle reste détendue même lorsqu’il appuie encore sur la détente pour la descendre. « La prochaine fois, ne loupe pas le cœur. »   Et elle crache, elle lache tout ce qui l’agace. «   Tu n’es pas le centre du monde Xander. »   Ouais c’est toi qui a fait ça. Regarde la le frêle éclat qui se tient là. Aussi froid, aussi glacial à cause de ton abandon bestial. Elle n’est plus qu’indifférence, la démence, elle a perdu de sa clémence.

Et il fuit l’hérésie loin du mépris. Il fuit dans sa cabine pour se rafistoler et elle, elle s’étale sous le ciel taché. Les vagues de ses prunelles contemplant les teintes grisâtres de ce paysage maussade. Se perdant un instant, dans le firmament. Elle s’oublie la jolie dans ses rêveries. Même lorsque l’abruti revient avec sa clope entre les lèvres et que la fumée vient s’évaporer sous son nez. Elle reste ainsi, inerte et défaite. Ne songeant qu’à la médiocrité de leur existence, qu’à l’éphémère de leurs vies précaires. Ils n’étaient que des grains de sables qui allaient s’envoler sous l’immensité de ce monde condamné.  Et pourtant ils continuaient de se ruiner même sous la cadence des sabliers qui s’écoulent et découlent. Car leur putain de fierté les fermait, les obligeait à masquer tous leurs sentiments entremêlés. Et pourtant il abaisse un peu de son masque le gamin, lorsqu’il l’appelle au loin et qu’elle se lève pour le rejoindre sur l’avant du bateau.  « Alors, Princesse ?  Tu sais où tu veux aller ? »   Bane elle grimace sous ce surnom familier, mais elle vient s’asseoir à ses côtés pour lui piquer sa cigarette et aspirait un peu de fumée, histoire d’encrasser ses poumons déjà bien tachés. Et elle laisse la drogue doucement filtrer dans ses veines serrées, pour se détendre sous les noeuds qu’il lui crée. «  A l’opposé de là où tu vas. »   Ses mots s’épuisent dans le vent alors qu’elle le regarde avec une sincérité dérangeante, qu’elle laisse une petite fissure s’ouvrir dans son regard bleuté. Souffrance d’être trop près de lui sans pouvoir le toucher, sans pouvoir se reposer sur sa carcasse fatiguée. Et sous la vérité, sous les émotions qui viennent la terrasser mais qu’elle contient juste pour pas s’écrouler, elle lui rend sa clope pour s’écarter quelque peu et fixer l’horizon qui se dépeint.
Car elle ne peut pas l’affronter.
Elle ne peut plus le regarder sans sentir cette pointe qui s’enfonce dans son coeur serré.
Elle ne peut plus l’aimer car c’est lui qui s’est barré.

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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    29.12.17 19:40



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«   Tu n’es pas le centre du monde Xander. » Mais je suis capitaine, sur mon bateau. Il y a l'acidité qui suppure de ses blondeurs et la violence de ses non-dits, qui se promènent sur le pont et rebondissent sur les rebords acérés de la coque rafistolée tant de fois. Il se rappelle, Xander, ce printemps où les glaces ont libéré Ninka et des estafilades laissées par le dégel sur le bois. Il se rappelle les cicatrices sur le bateau et son palpitant aussi crevé que sulfureux. Il se rappelle la rage glacée qui était la sienne, quand elle l'a laissé partir, qu'elle ne lui a pas demandé de rester. Alors il la ferme, les omoplates ancrées aux planches de son paquebot miniature, les yeux figés au ciel abîmé de nuages chargés d'électricité. Il va pleuvoir, a-t-il dit, et le déluge va frapper le monde, encore une fois. La terrible, elle s'approche comme l'orage, quand il ose l'appeler par ce surnom qui était le sien et l'inviter à lui donner une destination. Dans le silence souffreteux qui précède tous les cataclysmes, la guerrière vient s'asseoir pour lui dérober la cigarette reposant entre ses lèvres. Pour lui voler les volutes d'argent qui l'aident à rêver. A l'opposé, elle crache, à l'opposé d'où il va, c'est là qu'elle veut aller. Et ça le fait marrer, le sale gosse, intérieurement et salement. Leurs regards s'ancrent, pour un instant, puis elle lui rend sa précieuse drogue et s'éloigne encore. Toujours. Elle s'écarte, la farouche, l'éternelle féline aux griffes impitoyables. Mais ça continue de le faire marrer, le batelier, tandis qu'il tire sur sa clope et ses muscles, se redressant difficilement pour la choper par le menton et du bout des doigts. Qu'elle le regarde un peu, qu'elle se rappelle elle aussi. Que les fantômes se partagent les victimes à hanter. « Vraiment ? L'opposé ? » qu'il demande, la scrutant pour un instant avec un soupçon de férocité et beaucoup de nostalgie. Il hausse des épaules dans un mouvement semblable à une vague et achève de se relever, les prunelles écorchées aux contours du fleuve, aux berges et aux mouvances organiques de la faune, de la flore, des dangers qui dorment là. À l'autre bout du monde, sans doute y a-t-il un endroit pour lui.

La carcasse branlante de l'enfant maudit se traîne un peu jusqu'au gouvernail du Ninka, le cercueil en devenir qui grince en douceur sous les ordres de son maître et esquisse un virage particulièrement insolent, les ramenant dans les remous qui les suivaient, les rapprochant de son point de départ. Parce qu'elle veut aller à l'opposé, la Princesse, et que lui partait. Parce qu'à l'évidence elle veut rentrer. « Si tu es méchante avec ma grand-mère, je serai dans l'obligation de te noyer, je préfère te prévenir. Il paraît qu'un Zayinéin averti en vaut deux... Même si je préfère de loin n'avoir qu'un seul exemplaire de ta charmante personne dans les pattes. » Probablement parce qu'elle le rend dingue, avec ses attaques cinglantes et ses réactions épidermiques, à le considérer comme le plus grand des ennemis quand il n'a jamais été que dans son sens. Les femmes sont un insoluble mystère pour cet amoureux d'une nuit, qui aurait aimé que ces nuits-là restent loin de son esprit et ne reviennent pas s'empiler comme autant de souvenirs fastidieux d'un autrefois où il a touché du doigt l'adjectif heureux. Mais il y a longtemps. Mais c'était un autre homme. C'était quelqu'un d'autre, sans doute, un homme moins ravagé, plus ouvert, plus patient, plus prompt aux sentiments. C'était un autre Xander, un qui ne s'était pris aucune gifle dans la gueule, aucun la fonte a fait son affaire, tu peux repartir, pas un seul silence, nul regard de travers. C'était un Xander qui se serait agenouillé devant elle et l'aurait enserrée de ses bras pour poser le front à son ventre et lui demander pardon. Un mec qui n'est pas lui, qui ne le sera jamais, qu'il veut oublier. Dont il ne veut pas se rappeler. Butant encore et encore sur cette volonté absolue d'amnésie. D'anesthésie. Sur la soif d'alcool et d'abandon, dans quelque chose. Dans n'importe quoi. Et peut-être même à la flotte. Parce qu'elle le rend dingue, la blonde, et que le courant est fort. Et que la pluie va tomber, et que le ciel gronde. Les mains serrées sur le bois sec de son bateau, le marin observe l'horizon avec la gravité de celui qui sait déjà que la nature sera sans pitié, qui s'apprête à encaisser. Un éclair déchire l'obscurité naissante et tonne dans la voûte céleste tendue comme un voile de mauvaise augure. « Reste pas là, Bane. Va te foutre à l'abri, à défaut de te rendre utile. Ça va tomber. » Casse-toi, en bas, hors de ma vue.

Puisque tu ne veux plus comprendre
Qu'il faut des années pour tout prendre
Sans se laisser s'envoler
De la parade des bagués
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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    01.01.18 21:19




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Carnage sous l’orage qui se prépare… Ames bancales qui se mettent à l’envers sous le désir délirant de se faire du mal sans préalable. Bêtes foireuses, animaux sauvages, qui se rongent et se dévorent sous les mots remords. Ils se fracassant sans état d’âmes, prêtes à accomplir leur méfait bestial. Car c’est cette douleur qui les maintient dans cet équilibre malsain. Cette vulgarité, cette élocution de destruction au bout de chacun de leurs maux en échos… Cette envie irrépréhensible d’achever l’opposé avec ces joutes sacrées, besoin insensé de transpercer l’autre sans songer. Car le mal est fait depuis les glaces se sont effondrées… Depuis que le bateau s’est faufilé hors de sa portée à la poupée… Et que le capitaine s’est échappé avec son coeur agité… Tout est resté figé depuis. Que ce soit ses sentiments qu’elle refoule comme une tarée pour se foutre en sécurité, que ce soit son palpitant déchiré. Rien n’avait changé sauf ces horreurs d’émotions en ébullition. Ces effluves salées de tristesse, de détresse, de colère, … Cette guerre intérieure qui la hante dès l’aurore jusqu’à ce que Morphée décide de son sort. Et pourtant elle est là aujourd’hui l’éclat à jouer aux insipides, aux futiles princesses arides. Elle déballe sa froideur comme sa rancoeur, mais ça la brise de le voir cet arrache coeur. Avec ces prunelles sombres et son sourire décombre. Rictus qu’il garde pour se protéger, alors qu’elle tente de le repousser de ses syllabes acharnées… Mais il sait le brun qu’il lui fait encore de l’effet. Il le sait et il se permet. De la provoquer quand elle est fragilisée… Quand sous sa demande de la déposer à l’opposé de là où il allait, il vient l’érafler d’une douceur autrefois partagée. Quand de ces doigts crochus, il l’oblige à le regarder. Et qu’elle essaie de se défiler, en bougeant sa tête comme une névrosée. Puis les ecchymoses qu’il vient déballer en un murmure carnassier. « Vraiment ? L'opposé ? »  Il la disloque cet enfoiré, avec quelques mots qui la frappent en multiples maux. Son coeur se tordant, alors qu’il l’oblige à le regarder et qu’elle veut juste s’échapper. Et elle reconnait dans son regard voilé toute cette violence gardée, mais aussi cette détresse qui l’interpelle de l’enserrer, de juste le paralyser avec son corps maigrelet. Et les fantômes viennent la dévorer, les mirages de ces souvenirs vacarmes qui la laisse à terre, la carcasse tremblante et la respiration haletante. Bane elle va imploser ou craquer. Car derrière cette carapace qu’elle a formé, c’est comme si tout se liquéfiait. Toutes ses barrières venant s’abaisser rien qu’avec un toucher, elle est à sa portée. Et une fois de plus il vient l’abandonner lorsqu’il fait comme si de rien n’était et qu’il hausse ces épaules en une indifférence damnée.

Et poupée elle est bloquée, paralysée par tout ce qu’il vient de se passer. Par son coeur qui se tue de battements entier, par cette peur qui vient la terrasser. Elle se laisse posséder par cette inertie de déni. Les prunelles perdues face à l’horizon douteux. Le souffle distordue sous la cohue. Elle est totalement perdue. Et il reprend encore ce putain d’enfoiré. Essayant encore de l’enterrer avant qu’elle ne puisse l’achever. « Si tu es méchante avec ma grand-mère, je serai dans l'obligation de te noyer, je préfère te prévenir. Il paraît qu'un Zayinéin averti en vaut deux... Même si je préfère de loin n'avoir qu'un seul exemplaire de ta charmante personne dans les pattes. »  A la menacer tout en la cherchant. Car entre eux, c’est bien plus qu’un jeu. Et qu’en la piquant, il cherche simplement à la faire exploser. Mais elle n’a toujours pas bougé la poupée, perdue dans les turbulences de ses pensées. Dans la démence de ses rêveries délabrées. Et le tonnerre gronde pour la réveiller. Et enfin son corps vient se révéler malgré l’uppercut qui vient de l’achever. « Reste pas là, Bane. Va te foutre à l'abri, à défaut de te rendre utile. Ça va tomber. »  Et c’en est trop. Ou c’en est pas assez. Et les gouttes qui commencent à tomber comme un océan démonté. Les éléments sont à leur effigie dévastés et destructeurs. Et elle ne prend plus Bane les conneries qu’il lui vend, elle ne prend plus rien de ce charlatan.  «   C’est toi qui t’es cassé Xander ! Pas moi ! »  Elle lui donne ce qu’il veut dans sa voix qui déraille, dans sa colère qui s’enjaille. Il veut la casser, elle veut le briser.  «  Alors va te faire foutre ! »  Et la vulgarité dans ses mots lacérés, alors qu’elle le regarde une dernière fois de ses yeux perforants et elle va se cacher à l’abri pour éviter de sombrer dans la folie, ou de se noyer sous la pluie. Enlevant ses vêtements qui lui collent à la peau, elle les tire furieusement, n’en pouvant plus de son calme mirobolant et elle frappe dans le bois sauvagement. Ses phalanges glacées venant percuter le mur le plus près, elle se fracasse pour ne pas pleurer, pour ne pas lâcher toute sa fragilité. Mais elle était déjà toute fissurée la poupée, déjà bien trop brisée…

Et il suffit d'une étincelle pour la faire sombrer.
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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    02.01.18 17:16



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Le ciel se déchire et éclate, en raies de lumière colériques. Comme Elle. Comme Elle, sur son bateau, dans sa vie, devant lui. Et le ciel se déchire, et chiale en trombes d'eau possessives. Comme Elle. Toujours comme Elle. Impuissant face aux éléments et à la tornade blonde qui tonne sur son navire, le batelier s'accroche à sa barre, les mâchoires serrées. Pour encaisser la pluie, l'orage et les mots qu'elle lui crache à la gueule par delà la tempête. «  Alors va te faire foutre ! » Va te faire foutre. C'est que ça résonne dans sa caboche, c'est que ça trouve un écho. Lui qui s'est cassé, lui qui se casse, toujours. Et qui se brise, aussi. Abandonné aux commandes d'un bateau pris dans les caprices des eaux, Xander n'a pas d'autres choix que de la laisser s'évader comme il le lui a ordonné. Les mains se serrent sur le bois jusqu'à blanchir ses jointures tandis que la météo malmène sa silhouette et écrase ses fringues sur sa peau tannée par le temps, le soleil et la vie. Les doigts s'agrippent, comme ils peuvent, à mesure que la nature se déchaîne et embarque son rafiot dans la violence de ses humeurs. Il souffre, là, de la fatigue que son corps ressent après avoir perdu trop de sang et des aigreurs que Bane a injecté dans son être. Il est las, et peine à faire face aux exigences de ses talents de navigateur, les yeux plissés pour deviner le chemin, son chemin. Leur chemin, pour ce soir. Et le soleil se casse à son tour, petit à petit, dévoré par les nuages noirs qui pullulent dans le ciel, et par l'heure tardive qui installe un linceul d'obscurité sur le monde. Un grondement sourd lui échappe lorsqu'une bourrasque projette sa silhouette contre le gouvernail. Il est lessivé, au sens propre comme figuré, parcouru de ruisseaux d'une flotte impitoyable qui ne lui laisse pas davantage de répits que la connasse partie se réfugier dans sa cale. Celle qui lui a dit, il s'en rappelle, que c'est lui qui est parti. Lui qui s'est cassé. Lui qui se brise. Il se souvient, pourtant, et les fantômes tintent à ses chevilles comme autant de boulets. Encore. Les fantômes luttent contre l'orage et l'oubli mieux que lui, et le possèdent, et l'obsèdent. Pour peu, si peu, Ash pourrait se diluer dans l'eau qui alourdit ses vêtements et sa carcasse. Sans effort, ni rancœur. Va te faire foutre. Il grince entre ses dents, obstiné et mordu, blessé. L'orage fait glisser son bandage et aux rigoles d'eau se mêlent bientôt des rigoles d'un sang noir mêlé de cataplasme vert. Il saigne, encore. Il saigne et il s'épuise, là, le grand aventurier. Il n'a pas envie, pas envie de crever ni de descendre l'affronter. Entre Charybde et Scylla, le marin ne sait plus à quel diable s'abandonner. Difficilement, l'antépénultième connard, celui qui vous attend sur les berges de la fin du monde, avise un coude brisant le courant pour aller y balancer Ninka, et jeter l'ancre, et rester suffisamment loin des berges pour ne pas trouver un loup sur son pont au petit matin. Il a déjà une sale bête dans les entrailles de son bateau, il faut croire que ça lui suffit. Le samekeen s'effondre, un instant, le souffle court et douloureux, la silhouette toujours en proie à la pluie et au sang qui dégouline de son bras. Lentement, tout doucement, il se redresse et sécurise son navire. Accroche ce qui doit être accroché, range ce qui peut être rangé. Bâche ce qu'il peut. Il a du mal, là, il a mal aussi. La tempête passée au rang des choses savamment gérées, Ash consent à aller affronter la tornade qui l'attend dans ses quartiers.

Alors il descend.
Doucement.

Il y a eu une tempête, ici aussi. Et elle est toujours là, Elle. Elle. Elle. Elle qui l'obsède et dessine des putains de tableaux dans sa tête, entre projections et souvenirs. Fantasmagoriques. Ectoplasmiques. Elle qui lui arrache malgré tout un sourire sur sa trogne de pirate, avant qu'il ne soupire doucement. « Tu vas attraper froid comme ça... » il murmure, secouant du chef de gauche à droite tout en traînant sa silhouette trempée vers un coffre dont il extrait deux épaisses couvertures, pour en déposer une et s'approcher d'elle avec l'autre, l'envelopper dans la laine. Sans un mot, à peine un regard, mais beaucoup de tendresse. Il ne s'attarde pas, faisant un demi-tour compliqué pour retourner vers le coffre, balancer sa chemise et son pantalon dans un coin de la pièce, avec ses grolles gorgées d'eau et l'écharpe en lin blanc que lui a offert sa grand-mère. « J'serais resté, tu sais. Pour toi. Si tu me l'avais demandé. » Il parle sans la regarder, jetant un œil fatigué sur son bras bleui par le froid, rougi par le sang. Il s'enveloppe à son tour dans la laine, et s'écroule sur un bout de matelas, chopant un bout de tissus, ou de toile, pour l'enrouler autour de sa plaie sans broncher. Sans plus réfléchir à rien d'autre que l'épuisement qui est le sien, ce soir. « J'serais resté, moi. Si tu me l'avais demandé. » qu'il persévère, marmonnant dans sa barbe en abandonnant ses omoplates au mur le plus proche, avachi et fatigué.

On attendra l'hiver
Pour s'écrire qu'on se manque
Que c'était long hier
Que c'est long de s'attendre
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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    02.01.18 21:46




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Fusion entre l’océan démonté, le brasier brûle les consciences sur ce bateau rongé par les flots carnassiers. La sentence venant exploser sous les visages marqués, toutes les émotions refoulées sortant de plein fouet. Lames de rasoir qui viennent déchiqueter le peu de ce calme inquiet. Ils ne font plus semblants les opposés de se refouler, ils se détruisent sous l’orage qui vient les accompagner. Se déchirant par les mots qu’ils n’ont pas proférés, par les promesses qu’ils n’ont pas su tenir. Et elle s’efface la première la jolie naufragée, car son coeur n’en peut plus de se fissurer. Et que le regard de l’indiscret est pire que les coupures qu’elle a pu s’infliger. Elle fuit la poupée dans la noirceur de cet abris où ses doigts viennent s’écharper sur les bouts de bois pour oublier l’effroi. Cet émoi qui la fout en fracas. Et elle reste là à frapper, à continuer de se briser quand son corps ne tient plus sous la douleur effrontée. Puis les larmes qui viennent s’étioler de ses prunelles qui ne peuvent plus de retenir ses vagues à l’âme. Elle plonge Bane dans ce tourment qu’elle a trop longtemps repoussé, elle se laisse tombée contre le plancher quand ses genoux ne peuvent plus la maintenir sur les pieds. Car elle est en poussières cette misère. Et que ça la tue. Toute cette cohue. Tous ces reflux de sentiments qui la foutent de travers et la laissent à l’envers. Elle n’en veut plus. Elle n’en peut plus.

Et elle laisse son corps s’étendre sous la foudre qui éclate à l’extérieur, sous le carnage des éclats de lumière bipolaire. Elle sombre la poupée dans le néant de ses pensées, dans le vide de son palpitant. Elle ne bouge plus pendant quelque temps, jusqu’à l’entendre cet ignorant qui descend rapidement et elle se relève précipitamment. Cachant son visage rougie par les sanglots et son regard dégoulinant. Lui laissant le temps de se provoquer autrement. Mais il n’est que douceur l’horreur avec son sourire tendre et elle lache un peu prise la poupée. Elle soupire un peu l’enfant même lorsqu’il s’inquiète pour elle, même lorsqu’il s’ouvre à elle. « Tu vas attraper froid comme ça... » Inquiétude qui la berce dans sa solitude, elle ne bouge pas, elle ne se cache pas car il l’a déjà vu comme ça. Les bras ballants, elle le regard un peu l’inconscient sous la peine que ça lui fait de le voir dans cet état. Mais elle tait sa gentillesse maladive, aussitôt qu’elle reprend ses airs corrosifs. Et il revient toujours pour la couvrir, d’un geste tendre et si tumultueux d’une couverture en laine dans laquelle elle se renferme comme pour se protéger. Et elle le scrute à son tour galerer lentement vers le coffret pour se déshabiller sous son regard inquiet. « J'serais resté, tu sais. Pour toi. Si tu me l'avais demandé. »   Puis il se confie et il la torpille. Alors qu’elle s’effrite sous les confessions et sous la libération. Car c’est ce qu’elle veut entendre cette martyr, qu’il regrette tout autant qu’elle regrette. Car c’est ce qu’elle a attendu pendant des années de juste lui dire ce qu’il pensait. Et elle cache son sourire qui s’étiole sur ses lèvres abîmées, alors qu’elle les mord pour ne pas craquer. Car ce serait trop aisé de retomber sous son charme damné. Et il vient s’écrouler, lui qui a bravé la tempêté et la marée sur son bateau comme un acharné. Il se laisse tomber sur ce matelas et ça la fout en éclat. Alors qu’il répète encore une fois. « J'serais resté, moi. Si tu me l'avais demandé. »   Que leurs torts sont partagés et qu’ils auraient suffi de quelques mots pour s’abandonner. Et elle vient à ses côtés enfin la poupée. Car elle a usé toute la dureté qu’elle avait, et que le voir dans cet état la fout en fracas. Elle s’approche de lui avec une délicatesse muette, pour s’asseoir sur son bassin et juste le regarder. Le contempler alors que la fatigue et la douleur semble l’avoir terrassé. Elle caresse doucement sa joue dans une tendresse qui lui avait manqué avant de s’impatienter un peu plus sur son bandage qu’il venait de faire à l’arrachée. Elle réajuste quelque peu le tissu, tirant légèrement sur ce dernier, pour couper le sang qui ne cesse de s’échapper. Puis lentement, elle se glisse avec lui sur le matelas, tombant tous deux face à face, dans une intimité qu’il n’avait pas partager depuis trop longtemps. Son bassin toujours accroché, et un léger sourire sur sa bouche acidulée. Elle ne veut pas tomber la poupée, juste craquer encore mais son coeur est en apnée. Et elle essaie de se débarrasser des tremblements qui sont en train de l’achever. Puis de ses phalanges glacées, elle vient s’enrouler contre lui doucement pour pas le brusquer ou lui faire du mal, lui offrant plus de couverture qu’à elle même pour qu’il puisse se reposer en paix. Et son murmure qui vient s’échauffer contre son cou alors qu’elle le berce de sa voix nostalgique.  «   Endors toi. »  

Endors toi avant que tu ne puisses réaliser que je ne t’ai pas oublié.
Endors toi avant que je ne craque sous la facilité.



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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    04.01.18 18:04



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Il est fatigué, le marin, le corps lessivé et le cerveau à sec. À sac. Abattu par les ressacs qui continuellement se déversent et reviennent, abîment, en vagues insupportables de douleurs, de souvenirs, de regrets et de remords. Le bas de son crâne abandonné au confort précaire d'une planche de bois, le gosse attend son heure, persuadé que la foudre va tomber deux fois au même endroit, persuadé qu'elle frappera encore en plein cœur, comme autrefois. Et ça l'épuise, et ça le terrorise, aussi. Un peu. Las, pour un bref instant, capitaine de pacotilles prêt à abdiquer, à rendre les armes. Je serais resté, il continue de se répéter, en boucle et en silence. Il la boucle, se nimbant dans ses regrets. Il serait resté, et il l'aurait aimée, sans doute. Sans aucun doute. Un sale relent d'amertume s'installe sur son palais, tandis qu'il démissionne, qu'il abandonne. Un froissement moelleux attire légèrement son attention, quand elle se lève et qu'elle s'approche. Et ses muscles, là, ils se contractent pour accuser le coup, celui qu'il attend. Qu'il attend et qui ne vient pas. Elle s'approche, la Terrible, et se serre contre lui, lui imposant un calme étrange. Une sérénité maladive, matérialisée par un soupir qui s'échappe de ses lèvres et remplit l'air autour d'elle. Le soulagement en aveu ordurier, quelque part, dans le désarroi contenté qui est le sien, et qui glisse une main contre sa couverture, qui s'accroche à la laine pour ne pas la laisser s'enfuir. Deux yeux se lèvent pour se perdre dans les siens et chercher le sens dans tout ce marasme de ressentis qui s'installe entre ses côtes. Si une main se dresse, il y fond son visage pour profiter de la caresse, comme un animal en perdition, fait d'instincts et d'appétits contraires qui ne savent plus où aller. Ses paupières se ferment, lentement, et il respire son odeur, celle de la pluie et les effluves de Samek qui dorment dans la laine. Un frisson, ensuite, et un grognement, quand la guerrière délaisse la tendresse pour refaire son bandage d'infortune. L'inconfort lui tiraille le bras et il se fait docile quand elle l'oblige à se coucher, à s'étendre. À se reposer. Il crèvera sur son bateau, il le sait, mais attendra une prochaine fois. Une autre catastrophe, un autre cataclysme. Son corps en bouée parmi les vagues furieuses qui baladent le rafiot, il s'y accroche doucement à sa poupée, glisse une paluche contre ses hanches. « Endors toi. » Voilà qui le fait marrer, d'un rire venu du fond de ses entrailles, qui fait rembler sa carcasse et tressauter ses lèvres. Ces lèvres qui s'approchent, à son oreille, et murmurent d'une voix rauque un « Merci » qu'elle n'aura pas volé. Sa main libre vient s'éprendre de la courbe acérée de sa mâchoire, de l'arête de son nez. Il sourit, le pirate, et avec toute la tendresse dont il est capable, avant de décadenasser le secret de sa bouche pour lui dérober un baiser, long et lourd, et doux, et reconnaissant. Un baiser qui s'étend, qui s'allonge et qui se perd à ses lèvres humides, au goût de pluie et de nostalgie. Il sourit, toujours, se reculant lentement avant d'écraser sa tête contre le matelas dans un grognement satisfait. « Tu finiras de m'engueuler demain, si tu le veux bien... Demain... » Les paupières se fanent sur son visage angulaire, et il serre la poupée assassine contre son torse, et il inspire, et il expire, et il oublie, inspire, expire, inspire et expire jusqu'à trouver le sommeil salvateur qui l'arrache à cette soirée, qu'il n'aura passé près ni d'un bouquin ni d'un feu de camp.

*

Les courants, toujours, le ramènent à la réalité. Et c'est la fin de sa berceuse tempête qui raccroche Xander au monde réel, l'arrache à ses rêves aventuriers et le dégueule sur ce matelas qui l'aura vu s'assoupir, emmêlé aux souvenirs et aux bras d'une blonde. Les yeux rivés au plafond lézardé par les caprices du temps, le marin sonde d'abord sa carcasse, les restes de douleurs, de rouille, qui grippent ses membres et font grincer ses dents quand il essaye de se relever. La lune vient à peine de se coucher, quand il met les pieds sur le pont du Ninka et accorde un œil fatigué aux dégats causés par l'orage. Ici et là, partout, des branches et des saloperies charriées du fond du fleuve pour saloper son précieux héritage. Il en dégage un peu, du bout des pieds, allumant un brasier pour mettre de l'eau à chauffer. Monsieur prépare du thé tout en commençant à nettoyer son bateau et à guetter timidement la trappe qui referme encore l'effluve de la blondeur mortelle qui sommeille sous ses pieds. Une tasse de liquide fumant entre les doigts, le batelier entreprend un état des lieux minutieux pour établir un plan d'attaque quant aux réparations à entreprendre. Et il sourit quand enfin quelques épis de blés apparaissent à ses côtés. Il sourit doucement, lentement et avec attention, lui désignant la théière qui n'attend plus qu'elle pour l'inviter à se servir. « Il va falloir me dire où tu veux vraiment aller, si tu ne veux pas finir à étriper des poissons avec la Vieille... » Et d'hésiter avant d'oser, enfin... « Bien dormi ? »

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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    07.01.18 4:02




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Douceur après l’horreur. Tendresse après la détresse. Les âmes furibondes s’abandonnent un instant, pour sentir leurs palpitants battre doucement. Sous la réalité qui les laisse paralysé rien qu’à l’avouer, sous ses sentiments qu’ils préfèrent cacher pour se protéger. Ils ont le coeur encore fissuré ces animaux piégés dans les griffes de l’autre. Les poumons encore encrassés par les souvenirs outrepassés, par les frictions dans lesquelles ils se sont oubliés. Nostalgie qui les fait agoniser, quand leurs corps reviennent s’amadouer. Sous la vérité, sous les échos de leur culpabilité. Et c’est la meurtrière qui se fait infirmière, quand elle coud les plaies de ce marin blessé de ses bras échauffés. Petite couturière aux épines venimeuses qui l’enlace avec audace, qui efface la crasse dans sa douceur sans rancoeur. Elle s’oublie sous cette folie Bane, car elle le sent son coeur qui manque un battement sous l’état inquiétant de ce capitaine maudit. Et il soupire, lui, contre sa peau, contre cette libération après tous les affronts. Trouvant un réconfort dans la chaleur de la blonde incendiaire. Un moyen d’effacer la misère de ses pensées entremêlées. Il s’accroche même à ce mirage après la tempête, il s’y ancre comme un repère. Et elle s’écarte la jolie pour le scruter avec toute sa mélancolie, pour noyer les vagues de ses prunelles dans l’océan de son ambre. Puis le contact intact, la main qu’il vient chercher à peine son mouvement terminé, comme un errant qui vient retrouver son foyer. Un sourire léger vient s’incruster sur les lèvres de la poupée mais vite elle retourne s’attarder sur cette sale plaie, qui extirpe un grognement au damné sous ses mouvements délabrés. Mais elle fait taire la douleur cette noirceur quand elle l’emporte sur le matelas dans cette position bancale, comme autrefois. Echo lointain qui la fout à mal la bestiale. Quand lui, de ses doigts, se permet de s’ancrer à sa carcasse mutilée, quand il impose son emprise sur ses hanches opprimées, et elle fait comme si de rien n’était la beauté, elle continue de l’apaiser après le vacarme infâme. Morphine outrageuse qui est bien trop venimeuse. Et il s’extirpe lui, après un rire exténué qui a eu le don de coller un rictus guilleret à ses lippes abîmées, il s’accroche à son oreille pour souffler un simple mot qui suffit à lui faire perdre pied. Car elle est attachée Bane, elle est condamnée. « Merci » Coeur qui bat sous les éclats. Elle reste paralysée la poupée, ne cherchant pas à creuser à la proximité. Mais Xander il se permet, il se permet de la goûter comme il le faisait. Saisissant sa mâchoire doucement, flirtant avec l’arête de son nez, il joue avec tendresse et détresse cette ivresse. Pour l’enterrer six pieds sous terre avec son sourire léger et elle voudrait s’échapper elle de tout ce manège insensé. Juste repartir pour se creuser dans les draps d’infortune de sa tente abîmée. Mais il vient la briser de ses lèvres acidulées, il reprend le cours de ses pensées quand elle n’est plus qu’agonie et déni. Et elle n’a même pas la force de le repousser cette damnée, pas même l’audace d’oser. Elle est juste en apnée sous ce souvenir qu’elle a tant de fois chasser. Juste en train de crever sous son toucher.  Et il s’enfuit encore, quand il sourit, quand il se pose un peu plus loin et qu’elle le regarde comme une abrutie. « Tu finiras de m'engueuler demain, si tu le veux bien... Demain... »  Et les mots qui finissent de l’achever, elle ne veut plus se battre Bane en cette soirée, elle veut juste se reposer après les larmes qui ont souillé son visage salé. Alors elle se laisse câliner, serrer dans ses bras musclés pour clore ses paupières fatiguées. Et Morphée arrive à la happer malgré les battements de son coeur bien trop saccagé.

*

Douce léthargie qui efface les maux sous la cadence des flots. La poupée elle s’est laissée bercer sous la lenteur de cette mélodie, oubliant les cauchemars qu’elle affronte chaque nuit. Pour se réveiller ainsi, les mèches emmêlées et les yeux à moitié fermés, la culpabilité déjà dans son corps recroquevillé. Car elle sait la poupée. Que tout ça, ça ne veut pas marcher. Qu’elle ne peut se l’approprier ce marin fracassé, qui aime trop s’aventurer au delà des frontières pour effacer les misères. Et sa carcasse ne veut pas se lever sous cette vérité, sous l’absence de ce dernier à ses côtés. Pourtant, elle n’a pas d’autres choix que de se lever et de lutter. Encore une fois… Juste une dernière fois… Alors elle sort la poupée sous les éclats de la lune qui vient à peine de se coucher, elle affronte l’air frais de son regard effronté. Un peu paumée, un peu consumée. Et elle vient le retrouver, lui qui la regarde avec son sourire guilleret et qui lui montre une théière pour l’inviter. La blonde ne se fait pas prier, elle s’assoit, contemplant les dégâts sur la belle Ninka. Débris qui règnent en roi sous son propre effroi. Quand elle pense qu’il a dû affronter ça. Mais elle s’interdit la jolie de ressentir de la compassion, elle fait taire le vacarme de ses idées noires en attrapant une tasse pour se servir. Le regard dans le vide, le coeur livide.« Il va falloir me dire où tu veux vraiment aller, si tu ne veux pas finir à étriper des poissons avec la Vieille... »  Puis la réalité qui revient la frapper, le silence dans lequel elle revient se renfermer. Comme une muette qui ne veut pas assumer le refrain de sa voix. « Bien dormi ? »  Et l’éclat. La tentative audacieuse de cet orphelin qui essaie de la cerner, de l’encercler. Bane elle ne le regarde toujours pas, elle fixe la fumée qui sort de sa tasse comme si cela pouvait la sauver. Et le mensonge vient s’imposer sans penser entre ses lèvres sucrées, alors qu’elle ne répond à aucune des questions qu’il lui a posé.  Je suis avec quelqu’un, Xander. »  La sécurité qu’elle tente de s’imposer, la fausseté d’une pauvre poupée qui ne veut plus être brisée. Et son regard qui vient s’enraciner dans l’ambre du damné.  Echec et mat. Elle bouge son dernier pion sur ce grand échiquier. Car le jeu fait trop mal. Et qu’elle ne veut plus avoir mal. Car elle a la hantise de l’abandon et qu’elle ne veut plus de son affront.

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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    10.01.18 20:44



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Il a rêvé, il le sait. Il rêve encore, à ses épis de blés en myriade sur un drap de jute humide, imbibé de pluie, de neige. Ils étaient trempés, ce soir-là, et il faisait froid. Le ciel était blanc, j'm'en souviens, le soir où je suis tombé amoureux de toi. Une nuit, il y a longtemps, une nuit qui semble bien loin, coincé sur le pont d'une Ninka blessée, abîmée, à attendre le réveil d'une princesse guerrière venue pour conquérir et briser. Il marche sur des œufs, Xander, à s'improviser acrobate des temps modernes, le regard perdu à la lisière de ses cils, à l'orée de son arc de cupidon, quelque part sur sa clavicule. Et les questions qui se sont échappées de ses lèvres demeurent là, en suspension dans l'air, à tournoyer avec les vapeurs d'eau fumantes que crachent leurs tasses de thé dans ce matin encore trop frais. Il observe, le marin, des débris entre les mains. Et bientôt entre les côtes, autour du palpitant rocailleux qui s'écaille et s'effrite. Parce qu'elle marmonne, la sorcière, sans répondre à aucune de ses questions. Elle marmonne et elle assomme, sans la moindre pitié. « Je suis avec quelqu’un, Xander. » Ses doigts se referment, sur les éclats de bois, et s'écorchent un peu la peau, un peu la pulpe. Rien d'important, rien qui ne permette d'anesthésier la tempête qui prend place dans son crâne. Entre ses côtes. Au fond de sa gorge. Qui ronronne une rage sourde, une injustice terrible. Pourquoi ? Pourquoi elle parle ? Pourquoi elle ne se tait pas ? La Garce. « J't'ai pas demandé en mariage, Princesse... » Il dit, en articulant doucement pour ne pas gronder et tout casser. « Je t'ai juste demandé où tu voulais aller... Ca m'avait pas l'air compliqué. » Pas aussi compliqué. Haussant des épaules avec lassitude, l'échine un peu courbée face à la rage des éléments qui lui déchirent la poitrine, le batelier reprend son travail minutieux de réparation, de nettoyage, se perdant dans les mouvements précis qu'exigent Ninka de lui, ramassant les débris, les branches cassées, les bottes de terres charriées depuis la berge... Il balance, débarrasse, la phrase en boucle, en boucle dans sa caboche trop étroite pour tout cet effroi. Et pourquoi, pourquoi donc faut-elle qu'elle lui dise ça, l'ensorceleuse ? Comme s'il avait eu encore une chance, comme si on la lui avait volée. Elle est là, la blonde, à faire virevolter les fantômes devant lui, et Xander il chope un marteau, il chope des clous et il ne fait rien d'autre que réparer son bien le plus précieux, le seul souvenir qu'il a, de tangible, de ce qu'il a été, est et sera toujours. Un batelier aventurier, isolé et seul, orphelin trop jeune, au cœur brisé. Un mec qui n'a pas grand chose de plus que son audace et ses silences, sa gueule d'ange et sa guitare. Alors il tape, il cloue, il répare, dans un silence calme, avalant une couleuvre ou deux, quelques gorgées de thé. Il s'y perd, là, essayant d'oublier la blonde et ses réponses qui n'ont pas de sens, essayant d'occulter les dagues qu'elle plante à son dos, à ses tempes qui battent un sang inutile. Il est encore groggy, fatigué. De la tempête, de l'hémoglobine abandonnée au fleuve, de cette putain de sorcière qui continue ses chorégraphies psychédéliques sous ses paupières. Et il frappe, il frappe, et il cloue, et il bricole, il répare, il soigne. « Où ? » qu'il demande, encore, se redressant pour s'approcher, la surplomber d'un regard abyssal. Où est-ce que ça a merdé, pour de vrai? « Où est-ce que tu veux aller, Bane ? »

Que j'te dépose, que je décroche, que je respire, que tu ne sois plus là à me tourmenter avec tes grands yeux et tes doigts fins, tes attitudes bipolaires et contradictoires qui foutent le feu à mes bronches, le feu à mes reins. Dis-moi où j'dois te balancer pour t'oublier, te libérer, te rendre à ton mec et à ta vie. Que tu sois loin de la mienne. Le plus loin possible de la mienne.

Tu me pardonnes mon coeur
De rouvrir notre tombe
Pour y planter mon coeur
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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    15.01.18 1:30




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Douleur tatoué à ce corps recroquevillé. Plaie qu’elle vient saigner sous l’évidence de cette vérité. Réalité à laquelle elle ne peut échapper. Comme elle le voudrait… Avec tant de facilité, tant d’aisance au milieu de la souffrance. Juste le repousser, juste se détacher pour mieux respirer. Avec sans doute des sanglots dans sa gorge serrée mais ne plus avoir à douter, à redouter les lendemains silencieux, les départs injurieux. Bane elle veut sa liberté, elle veut retrouver un équilibre dans son existence damnée. Et comprendre là où tout avait merdé était plus facile qu’elle ne l’aurait pensé. Tout avait commencé à éclater quand lui il s’était imposé avec sa gueule fatigué et son sourire guilleret. Quand ses doigts s’étaient déposés sur sa carcasse délabrée, quand ses lèvres s’étaient imprégnées du venin de sa bouche venimeuse. Elle a les souvenirs contagieux cette convalescente, les mirages doucereux, les soupirs heureux. D’un temps aboli, d’un bonheur interdit. Quand ils n’y avaient qu’eux et que les enjeux ne semblaient pas si dangereux. Puis il n’y a plus rien à présent, que le vent qui s’abat sur leurs sentiments. Que ce tourment permanent, ce mal oppressant à chaque fois qu’il pose son regard insolent dans ses yeux béants. Que le mensonge qu’elle délibère pour évincer ses émotions en contradiction, que cette conclusion pour s’offrir une libération. Et la violence, l’impulsivité d’un homme blessé qui cache tout d’entrée. Car rien ne le fera lâcher. Car il ne veut pas tomber, se noyer dans sa vulnérabilité. Et pourtant la poupée elle voit le corps se crisper. La colère qui s’aiguise dans ses veines creusées. « J't'ai pas demandé en mariage, Princesse... » Et l’indifférence, l’ignorance qu’il lui vend, alors qu’elle comprend. « Je t'ai juste demandé où tu voulais aller... Ca m'avait pas l'air compliqué. »  Les épaules s’haussent lassement, la carcasse s’efface lentement. Pour s’occuper des débris, pour oublier le mépris. Le corps ballant se jette sur les déchets, pousse, frappe, fracasse. Puis le tintement du marteau qui s’abat, qui tente de couvrir les dégâts. Bane elle ne le regarde plus, les prunelles abaissées, la tristesse dans ses larmes retenues, perdues. Elle essaye la jolie de taire le déni. De contenir cette détresse dans laquelle elle se berce. De ne plus voir le propre mal qu’elle s’inflige pour survivre. Mais sous la violence des échos, seul ce mot retentit. « Où ? » Elle est toujours paralysée la poupée, les lèvres serrées, la peur dans ses bronches compressés. La fragilité dans son regard humide. Puis les pas qui s’approchent, qui se décrochent. Et ce regard profond qui la scrute sous son propre affront. « Où est-ce que tu veux aller, Bane ? »  Mais elle ne sait pas elle, où elle veut aller. Elle ne sait même pas comment elle fait pour respirer. Pour retenir ses larmes salées. Elle est juste cassée sous ces yeux, bien trop petite sous sa hauteur. Trop vulnérable, trop malléable. Et elle se soulève, cachant les larmes qui s’écoulent pour aller attraper son sac dans la cabine et son arc. Puis elle lache enfin en remontant tout ses sentiments qui s’écoulent trop violemment. « S’il te plait. »  Une supplication amère sous sa voix précaire. Ton qui se casse, qui se fracasse. Alors qu’elle sait sans doute que c’est la dernière fois qu’elle le voit la. La dernière fois qu’elle ressent ça. Cette putain de douleur acide qui la brise, qui la rend si soumise. « Ne rend pas ça plus difficile que ça ne l’est déjà. »  Et elle le regarde, cette fois. Juste pour se souvenir de ces prunelles figées, de ces traits si particuliers, de cette gueule cassé qu’elle aime à un point démesuré. Les larmes toujours marquées sur son visage souillé. Elle prend enfin ses responsabilités quand elle s’approche du bord pour observer les vagues légères sous cette brise amère. Puis elle laisse son corps s’évader, quand l’eau vient la percuter, quand elle saute sans songer et qu’elle se met à nager juste pour s’éloigner. De ses forces qu’elle vient puiser jusqu’à l’excès. Elle s’échappe Bane, elle fuit son interdit. Et elle s’approche de la terre alors qu’elle craque, que tous les sentiments la frappent si violemment. Mais elle ne se retourne pas, elle ne peut pas… Et elle avance le visage en éclat, le corps plus que des dégâts. Elle avance jusqu’à ne plus pouvoir se retourner, jusqu’à s’étaler contre un tronc pour imploser, pour laisser tout couler. La tristesse, la colère, la peur, la rancoeur… Jusqu’à sentir ses poumons imploser sous sa propre naïveté.

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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    15.01.18 16:29



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Le silence pour seule réponse à sa question, la distance. Juste la distance et son grognement qui résonne en écho. Où. Où, putain. Mais rien, rien de plus que la blonde qui se dérobe une fois de plus pour aller récupérer ses affaires. Et il attend, le matelot, il attend la réponse à sa question, à l'interrogation simple et concise qu'il lui a adressée pour pouvoir la libérer, enfin, de leur emprise. Il attend toujours, quand elle reparaît sur le pont et le frôle de sa fragilité, le transperçant en plein cœur d'un seul regard. Pourquoi tu te mets dans cet état ? « S’il te plait. » Il se fige, frappé par la vision de sa poupée, de ses fêlures, des profondeurs océanes de son regard tourmenté. Et le vent les caresse et les fracasse d'une bourrasque enivrante. Le sale gosse, lui, il est foudroyé, toujours. Paralysé, peut-être. Sans doute. Les sourcils froncés et le regard sombre, accroché à l'angle de son visage, à la rondeur de sa joue. « Ne rend pas ça plus difficile que ça ne l’est déjà. » Pour qui ? Pour quoi ? Lui qui se fait démonter la tronche, à qui on arrache le cœur, dont on vole tous les espoirs, il ne comprend pas. Il ne comprend pas comment tout ceci pourrait être difficile, pour elle. Elle et son mec, et sa vie, et son oubli. Elle sans ses regrets, sans ses fantômes, sans ses blessures de solitude. « Qu'est-ce que tu fous..? » il murmure, quand elle s'approche du bord et regarde les courants furieux du fleuve. Sois pas conne. « Non ! » Mais si. Bien sûr que si. Elle préfère se foutre à la flotte, la Guerrière, plutôt que de répondre à ses questions. À sa seule question. Sa putain de question. Tu veux aller où? Loin. Loin de lui. Comme un animal blessé... Et ça lui colle le tournis, au batelier, tandis que des émotions contraires et contradictoires s'emparent de sa boîte crânienne et osent faire renaître l'espoir. L'espoir, débile et abruti, obsédé, qu'elle a merdé quelque part. Juste avant de fuir. De fuir une fois de plus. Une fois qu'il ne tolérera pas. Il n'y a qu'un réflexe pour le retenir, un seul, le temps de vérifier l'ancre avant de se jeter à l'eau à sa suite, sans réfléchir. Sans réfléchir et le corps abandonné aux flots gourmands et à l'eau froide, mordante, à nager comme un dératé pour la rattraper. Elle fuit, la terrible, mais il a le pied sûr et les jambes longues, élancées. Il est déterminé, surtout, parce qu'il sait ce qu'il veut, cette fois. Sans doute pour la première fois. La seule fois. « Arrête-toi ! », qu'il tonne quand il la voit, accélérant l'allure jusqu'à l'attraper sans ménagement pour la plaquer contre le premier arbre, les mâchoires serrées et le regard noir. « T'as cru que je te laisserai partir comme ça, Princesse ? » Et il sourit, l'air dément, la prunelle abyssale, au bord du précipice. « Je regrette assez la dernière fois où je t'ai abandonnée, tu vois... Bien assez. » Le débit est rapide, le timbre profond, guttural, précipité. Il la maintient de force, contre ce putain de tronc d'arbre, la surplombant de toute sa hauteur, le visage ruisselant et l’œil sévère. Une main s'approche d'une joue, essuie les larmes, quand son front vient s'échouer contre le sien dans un soupir. « Dis-le. Que tu as menti. Dis-le. Que t'as personne. Bane. Dis-le. » Et l'enlaçant, de murmurer péniblement « dis-moi que tu m'as menti » en la serrant contre lui, l'enveloppant de ses bras trempés. Dis-moi que j'ai encore le droit de t'aimer.

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On attendra l'hiver
Pour s'écrire qu'on se manque
Que c'était long hier
Que c'est long de s'attendre
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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    16.01.18 22:51




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Fuir … Toujours fuir. Pour ne pas s’enrôler dans cette image de martyr. Juste se casser, se briser pour se relever. Faire comme si de rien n’était. Les apparences comme façades, le sourire maussade. Facilité que chacun choisissait pour ne pas manifester toute cette fragilité. Cette plaie purulente et infectée qui saigne les palpitants angoissés. Elle s’échappait la poupée sous les mots de son aimant convalescent, elle s’effaçait pour sa liberté, pour son équilibre imparfait. Pour ne plus graver des promesses sur les chairs à l’air, pour ne plus s’essouffler d’un bonheur qui lui avait tant de fois volé. Lui et sa gueule cassé, lui et ses baisers acidulés. Il l’avait enterré quand il s’était barré, il l’avait tué sans se rendre compte de ses sentiments entremêlés. Et elle, elle est paralysée. Paralysée par cette peur de revivre cette même malédiction, de subir cette condamnation à répétition. Elle est encore disloquée la poupée, elle essaye encore de recoller les morceaux brisés de sa peau de porcelaine. Elle essaye encore d’éradiquer sa haine. Alors elle fugue dans les flots agités, laissant sa carcasse se noyer au milieu des vagues. Les morsures glacées s’enroulant autour de ses muscles ankylosés, elle puise la poupée dans sa tristesse pour avancer. Jusqu’à que ses pieds retrouvent la terre ferme, et qu’elle l’entend les bruissements d’une nage éreintée… Et que l’agonie se fait instantanée. Bane elle accoure loin, sa carcasse se rompant à chaque mouvement, et pourtant elle refuse de voir la réalité… « Arrête-toi ! » Même sous le grognement de ce dernier, elle ne peut plus l’affronter. Elle ne veut pas qu’il la voit aussi attristée. Aussi pitoyable sous ses sentiments lamentables. Alors ses pas se font plus rapides, sous l’écho de ses sanglots, et il vient la rattraper pour l’exposer, pour la bloquer violemment contre un tronc d’arbre à proximité. Et elle se fissure totalement la poupée, elle se laisse aller sous tout ce tourment ensanglanté. Sous son palpitant qui suinte, sous son corps qui tremble sous l’humidité. Elle perd pied dans cette danse macabre. « T'as cru que je te laisserai partir comme ça, Princesse ? » Et le surnom, la familiarité dans sa voix alors que son regard est abaissé et qu’elle essaye encore de se cacher. S’il te plait. Elle n’en peut plus la distordue de cette cohue. Elle n’en peut plus de croire en cette histoire. D’espérer encore chaque jour à leurs déboires. « Je regrette assez la dernière fois où je t'ai abandonnée, tu vois... Bien assez. » Et il est fragile entre ses doigts, il est tendre quand il l’enserre sous son poids. Et elle, elle est là, en éclats, les gémissements dans sa gorge serrée, sous les larmes qui ne cessent de s’écouler. Car elle a mal la beauté, mal de le voir s’accrocher, mal de tomber pour ses prunelles ambrées, mal de l’aimer. Car ça la tue tout ça. Cette putain de tornade d’émotions qui la dévore, qui la comble de remords. Elle n’en veut pas… Elle ne peut pas. Et lui, il la brise comme à chaque fois, en effaçant sa vulnérabilité salée de ses phalanges glacées. Il efface les éclats de ses doigts noués sur sa joue pour se laisser reposer contre son front, sacrifiant la distance pour cette intimité. Un soupir entre ses lèvres abîmées… « Dis-le. Que tu as menti. Dis-le. Que t'as personne. Bane. Dis-le. » Et il quémande, il supplie pour la vérité. Pour savoir s’il peut encore se l’approprier. S’il a le droit de la toucher, de l’embrasser, de l’aimer… De retomber dans ses travers pour l’avoir elle. Et elle s’essouffle, elle, quand il l’enserre, quand ses bras viennent l’encercler pour taire la détresse. « dis-moi que tu m'as menti » Dis lui. Elle tremble Bane, sa carcasse paralysée, son coeur en apnée… Elle est complément paumée, alors qu’elle s’accroche à lui comme à une bouée. Que ses doigts s’accrochent à ces épaules pour ne pas tomber. Et elle vient le chercher, ouais elle vient le chercher du bout de son nez. Quand son visage vient flirter avec le sien, qu’elle veut se brûler de son regard ambré. Elle est perdue sans lui la poupée même si elle ne veut se l’avouer. Et y a les mots qui sortent dans un murmure, trop précipités, trop démontés. «  Tu sais déjà la vérité, Xander. » Cette vérité qu’elle n’a jamais su l’oublier, l’effacer de ses pensées. Même lorsqu’elle avait envie de le tuer. Et peut être qu’elle efface la poupée un peu ses peurs galvanisées, ses doutes désorganisés. Peut être qu’elle abandonne cette lutte insensée, quand elle sent la chaleur de sa bouche bien trop près. Quand ses doigts viennent s’accrocher à sa mâchoire alors qu’elle reste en retrait, ses lèvres ouvertes sous l’hésitation, sous les souffles qui se disloquent. Et c’est trop pour sa pauvre conscience enflammée, juste assez pour qu’elle lache les armes et qu’elle s’offre un peu de sa liberté. Elle se disloque Bane, quand sa bouche vient s’écorcher sur la sienne, quand elle savoure ce toucher sans avoir peur des retombées. Elle tombe encore la poupée, pour lui. Et elle ne veut plus s’écarter, plus reprendre son souffle démonté. Elle s’oublie dans cette folie, dans cette passion ahurie. L’embrassant au lieu de s’exprimer, ses gestes ayant bien plus de significations que ses échos.

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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    21.01.18 19:01



Bane & Ash

LAY MY BODY DOWN


Dyspnée. Il ne peut plus respirer. Plus souffler. Inspirer. Il ne peut pas. Pendu à ces lèvres mortifères qui le tyrannisent dans tout son être, Xander ne sait plus exister, soudain, le cerveau refusant de donner les ordres primaires d'existence. Ne sachant plus comment dire à son cœur de battre. Le corps entier se révolte, crispé au sien, celui de l'ensorceleuse blonde qui ne cesse de le repousser plus loin dans les retranchements d'une folie qui n'a de douce que le nom. Un nom qu'il refuse. Qu'il ne peut pas cracher. Qui reste coincé, entre ses bronches incapables de tout. Tout tant qu'elle ne dira rien, Bane, et ça tremble au bout de ses doigts comme de la dentelle prête à se déchirer. Il veut, lui. Qu'elle parle. Qu'elle lui permette de respirer. Ou de ne plus le faire. Plus jamais. Il veut, elle. Elle, il la veut, comme il n'a jamais voulu personne sans avoir trouvé la force de céder à ses instincts les plus lâches. Il a toujours voulu, sans doute. Ne sait plus. Ne peut pas. Étouffe. Il étouffe, là, contre elle, trempé jusqu'aux os. Parle. Ses doigts s'accrochent, ça et là, à elle, à ses contours trop acérés pour son cœur au blindage abîmé. Et son front appuie sur le sien, cherche à imprimer ses pensées à son encéphale hors d'atteinte. Avoue. Il pourrait lui ouvrir le crâne pour découvrir la vérité. Leur vérité.

Puis le palpitant se casse la gueule, quand elle s'accroche à ses épaules, que son nez effleure le sien. Il jurerait que ce traître est prêt à se faire la malle, à sortir de ses côtes sans préavis. Il l'adore. Il la déteste. La déteste de le rendre si faible. Si dépendant. Esclave du moindre de ses gestes. «  Tu sais déjà la vérité, Xander. » Il sait. Il le savait. Se persuade d'avoir su. Se perd de l'avoir trop voulu. Vertige existentiel, quelque part en fureur nostalgique et rage éphémère. De s'imaginer faible, et déjà à genoux, et déjà à ses pieds. Mais leurs lèvres se rencontrent et le monde se remet à tourner, le corps à fonctionner. Il respire, là, à la lie de cette bouche dont il n'a jamais su se passer. Il respire et dévore, l'écrasant contre l'arbre, accrochant une main à sa mâchoire, l'autre à sa hanche, l'attirant contre lui, cherchant à l'avaler toute entière à mesure que le soulagement laisse place à une coulée de lave qui descend du cerveau reptilien jusqu'entre ses reins. L'envie furieuse de posséder. De rattraper le temps perdu. Alors il se décharne, un peu, tandis qu'une main glisse le long de la cuisse, soulève et détache du sol pour la hisser à sa hauteur. Elle est entre ses bras, la poupée, contre lui, la jolie. Il y a des trucs qui disjonctent dans son esprit, qui se perdent un peu plus loin dans ses violences, dans la colère de pulsions enterrées depuis trop longtemps qui décadenasse ses mâchoires pour aller chercher sa langue, se goinfrer de sa saveur aux accents boisés, retrouver les effluves d'autrefois. Il y a de la précipitation dans ses mouvements qui se suspendent soudainement, qui s'arrêtent par mécanique pure, dans un réflexe d'une raison à peine croyable. « Pardon. » il souffle, contre sa bouche. « D'pas être revenu. Pardon. » Et d'aller trop vite, de me brûler les doigts en même temps que les étapes. « Tu m'as manqué putain... »

On attendra l'hiver
...
Que c'est long de s'attendre
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Message Sujet: Re: lay my body down † Xander    28.01.18 21:44




LAY MY BODY DOWN
Ever seen a devil with a halo, ever seen an angel with some horns, everybody got their own demons, everybody fightin' their own war... I can be an angel sometimes I can be real fucked up...
Silence tremblant qui s’étend sous les aimants divergents. Temps qui s’écoule lentement quand les bras s’encerclent pour ne pas tomber subitement. Ils s’accrochent les amants à leurs espoirs d’antan. A leurs pêchés savants, à leurs travers d’enfants. A leurs coeurs sanglants qui n’en peuvent plus de ce trop plein de sentiments. Car ça fait plus de mal que de bien. De s’aimer comme ça, de se foutre en éclats. D’essayer de s’oublier avant de s’abandonner encore une fois… Car c’est ce qu’ils font de mieux les deux. Se toucher jusqu’à l’excès, se brûleur de leurs touchers pour fuir bien après… Quand tout ne devient plus que confusion et obsession. Quand leurs corps sont à l’abandon quand ils ne sont pas l’unisson. C’est un manque viscéral, létal. C’est un trou noir dans leur cage thoracique, une absence sadique. Pauvres rescapés drogués à l’opposé. Qui ne savent plus respirer sans ces baisers sur leurs bouches quémandantes. Ils se sont tatoués dans leurs palpitants agités, injectés dans les veines serrées pour cadenasser leurs pensées, pour s’obliger à être dépendant de l’autre. Ils se sont bousillés. Ils se sont aimés. Ils se sont détruits. Ils ont subi. Et là ils signent une armistice. Quand la proximité leur impose cette cadence tendre, et que leurs visages viennent se provoquer. Quand ils oublient la réalité, qu’ils comprennent comment respirer.  Les carcasses mécaniques cessant de couiner pour s’accorder dans une mélodie calme. Pour éteindre le vacarme. Oublier les barrières, les briser pour mieux s’emprisonner dans la danse des corps en désaccords. Elle cesse Bane de songer, quand elle fixe cette bouche qui ne cesse de l’obséder. Quand elle entend toutes les alarmes dans son crâne se stopper. Elle se laisse tomber dans cette candeur loin de la rancoeur. Quand de sa bouche, elle s’accroche à cette gueule cassée, qu’elle s’imprègne de son venin si particulier en soupirant sur ses lèvres sucrées. Elle tombe la poupée, elle sent son corps la lâcher. Sous l’effet. Sous la chaleur dans ses entrailles qui vient la calciner. Puis il y répond Xander avec toute sa férocité, tout ce manque qui le dévore encore de remords. Il se serre contre le corps, écrasant la carcasse contre l’arbre, alors que les mains voguent sur une hanche et sur une mâchoire sous le gémissement de la belle pleine d’espoir. Douleur sourde qui l’électrise de la tête au pied tandis qu’elle se laisse bousculer. Son coeur en apnée et ses yeux fermés. Et il continue lui de la malmener, de l’obliger à ses instincts refoulés. Quand de ses doigts il crée un brasier sans songer, quand il la touche comme pour l’enflammer. Les phalanges remontant sur sa cuisse, elle soupire la poupée contre cette bouche qu’elle mordille, qu’elle torture de ses canines aiguisées. Car elle n’en peut plus, elle en veut plus. Le corps en fusion et le coeur sous perfusion. L’envie livide de se réinventer dans ses bras, d’oublier son chagrin entre ses reins. Elle en a besoin. Elle en a besoin de ce refrain. De lui contre elle. De son bassin contre le sien. De son souffle qui inspire ses gémissements sereins. Et il la soulève le malsain, il la capture contre sa carcasse, alors qu’elle s’accroche  à son bassin. Et qu’elle n’en peut plus déjà. Mais il ne s’arrête pas, il la tue de cette passion, de cette violence entrelacée. Quand sa langue vient danser avec la sienne, et qu’elle s’attache à ce visage de ses doigts, qu’elle caresse cette nuque encore mouillée par leurs nages prématurées. Et que son coeur n’a plus de sang à pomper. Et que l’air ne s’engouffre plus dans ses poumons compressés. Elle va crever la poupée. Elle va mourir entre ses bras aimants qui la maintiennent dans cet équilibre saisissant, dans ce désir brûlant. Mais elle l’attend la mort sagement, sachant pertinemment qu’elle aura un sourire innocent à son arrivée. Le bonheur sur ses lèvres rosées. Puis il se retire le brun, comme dans un soudain élan de rationalité. Et Bane elle a toujours les yeux fermés, le souffle précipité. L’agonie à portée. « Pardon. » Le mot glisse sur ses lèvres lentement, roulant sur l’épiderme rougie par la chaleur, la saveur. « D'pas être revenu. Pardon. » Elle sourit la jolie. Elle brille de vie. Alors qu’elle ouvre enfin ses paupières ébahies, contemplant les prunelles dilatées de cet homme qui ne cesse de la tourmenter. Cherchant à découvrir toutes ses pensées, tous ses sentiments qu’il n’oserait jamais avouer par fierté. « Tu m'as manqué putain... » Et elle l’oblige, elle l’inflige. Car son coeur hyperventile. De ses lèvres fines, de sa langue paraffine. Ses doigts s’accrochent, ricochent. S’il te plait. Embrasse moi. Embrase moi. Elle voudrait le dire. Mais à la place elle le provoque, elle le disloque de son murmure doucereux, dangereux. « Montre moi à quel point  … je t’ai manqué. » Elle soupire contre ses lèvres abîmées, elle supplie pour qu’il la délivre de cette brûlure qu’il vient de lui imposer, alors que d’une main elle enlève déjà son haut qui lui colle un peu trop à la peau. Et que sa main glisse lentement contre son torse mouillé dans une caresse tentante, entêtante. Elle joue la poupée, car elle devient une joueuse compulsive quand il s’agit de lui.



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