Two Worlds :: UPWORLD :: Le Delta :: Trappe n°84
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DOWNER - Lunien
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Message Sujet: Strange(rs)    03.12.17 17:12



Strange(rs)
Ozark & Salomé

La montée jusqu’en haut était longue, surtout parce que Salomé était impatiente de finalement y arriver. Elle n’était pas seule dans cet ascenseur, mais elle ne les considérait pas comme ses pairs. À vrai dire, depuis maintenant plusieurs années elle se définissait comme orpheline, par choix. On l’avait laissé tombé, carrément abandonné et jamais elle ne le pardonnerait à ses parents ni aux autres de la Colonie. Son unique souhait, depuis le jour de son arrestation, était de sortir de ce trou, ce cet enfer sous terre. Sa plus grande vengeance serait de s’enfuir, de les abandonner à son tour. Jour de délivrance, liberté tant attendue. La petite brune avait dû jouer du coude afin de pouvoir se faire une place dans cette boîte de métal. Ils étaient nombreux, coincés, les uns sur les autres. Salomé s’était fait une place dans un coin, dos aux autres personnes avec qui elle était. Les yeux fermés, le front posé contre le froid du mur, elle réfléchit tout en sentant l’appareil gravir les derniers mètres qui la sépare de son paradis, celui qu’elle avait espéré depuis toute petite. Elle n’avait aucune idée de ce qu’ils allaient trouver une fois en haut, ni si tout le monde y survivrait. Peut-être est-ce que les conditions seraient trop différentes pour que leur corps s’y habitue. Peut-être aussi seront-ils simplement tués ou même pire, faits prisonniers par ceux qui y étaient déjà. Même cette dernière pensée était une supposition : peut-être est-ce que le Conclave avait eu raison de les garder en bas, pour leur propre protection. Peut-être que personne n’avait pu survivre. Beaucoup de peut-être, peu de réponses. Rien ne servait de supposer, il fallait aller voir par soi-même.

L’ascenseur s’arrête net une fois en haut. Il fait extrêmement noir dans cette cage, et la tension qui s’était installée tout au long du voyage était maintenant à son comble. Heureusement pour Salomé, elle est tout près de la porte, ce qui lui permettra de s’échapper rapidement et se défaire de ce groupe d’inconnus. Lorsque les deux portes s’ouvrent  lentement, faisait résonner le crissement de l’acier, elle est d’abord aveuglée par la lumière. Les mains sur son visage, protégeant ses rétines, elle sort et tente de se faire un chemin à la course, vers la droite. La petite Delaney entend quelques cris, des exclamations, insistant qu’elle reste avec eux, pour sa sécurité. Ne prenant même pas la peine de répondre par la parole, elle ne fait que continuer sa course, cherchant un peu d’ombre, et surtout un endroit où s’asseoir. Elle venait tout de même de passer énormément de temps sur ses deux pattes, elle avait besoin de repos. Une immense roche, presqu’un rocher en fait, se trouve à une cinquantaine de mètres devant elle. Ce sera parfait pour s’asseoir, et réfléchir à un plan pour la suite. Ses yeux étant maintenant un peu plus habitués à cette lumière naturelle, elle prend l’élastique qui serre son poignet afin de se faire une tresse rapidement, qui tombe sur le côté gauche de sa tête, descendant jusqu’à son épaule. Fait à la vite, ce n’était pas sa meilleure, mais c’était suffisant pour ne pas être dérangée par des mèches rebelles sur son visage. Au même moment qu’elle vérifiait si sa tresse était solide, elle s’enfarge dans une immense racine, la propulsant directement au sol. Merde! crie-t-elle, ramenant son genou contre son torse, couchée en position foetus par terre. Plus de peur que du mal, son genou était légèrement écorché. Mais en tentant de se relever, elle s'aperçoit rapidement que sa cheville est probablement foulée, ou qu’elle a minimalement une légère entorse. Good job Delaney, à peine 10 minutes et déjà blessée.Sautillant sur sa jambe droite, Salomé parvient à atteindre le rocher, avant de s’y adosser et se laisser tomber au sol. Et puis ça la frappe. Elle est là. Ce dont elle rêve depuis toujours, ce paysage qu’elle a imaginé, dessiné. Tellement différent et semblable à la fois, comme si elle est chez elle, enfin. Ses doigts caressent le sol, chatouillés par l’herbe courte. Elle enfonce sa main dans l’humidité du sol, détaillant les grains de terre, sourire aux lèvres.

La Downer retire le petit sac qu’elle a sur son dos. Pas bête, elle avait amené quelques trucs afin de l’aider à survivre les premiers temps. Mais rien qui ne pouvait aider sa cheville gauche, qui commençait déjà à enfler. Elle n’aurait pas le choix de s’arrêter ici pour le reste de la journée, peut-être essayer de se faire un genre de campement de base. C’est au même moment qu’elle entend des voix masculines s’élever, sans qu’elle ne puisse reconnaître l’accent. Agile et habile, elle s’étire un peu afin d’essayer de les apercevoir derrière le rocher. Mais il lui est impossible de jeter un bon coup d’oeil afin de se faire une idée de ses nouveaux ennemis. Car même si elle vient relativement en paix, sa sécurité et sa vie ne sont pas du tout assurées. Heureusement, elle entend les voix s’éloigner sans même qu’ils n’aient réalisé qu’une intrue était là, derrière le rocher. Seule à nouveau, elle ferme les yeux, avant de les rouvrir aussitôt, alertée par ce qui semble être des pas, une présence derrière le feuillage. Cette fois le danger lui fait face, elle ne peut compter sur la nature pour la cacher. Lentement, elle glisse sa main dans son sac, aggripant un petit couteau qu’elle a réussi à voler lorsqu’elle travaillait encore à la production, dans son ancien monde. Voyant qu’elle ne peut se mettre debout, incapable de mettre son poids sur sa cheville, Salomé opte pour la position accroupie, s’appuyant principalement sur son pied droit. Sa main autour du couteau est toujours dans le sac, ne voulant pas dévoiler tout de suite à son prédateur qu’elle est armée. Elle patiente donc ainsi, ses yeux rivés devant elle, tentant de déceler tout nouveau mouvement ou bruit. Elle est prête à la rencontre de l’Autre, à la découverte d’autrui. Quitte à se battre s’il le faut.


- BLACK PUMPKIN
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UPPER - Zayin
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Message Sujet: Re: Strange(rs)    13.12.17 16:00




   
from the moment we met
Salomé & Ozark

   
« It was...not love at first sight exactly, but - familiarity. Like: oh, hello, it's you. It's going to be you. Game over. »
Le chaos s’était infiltré dans les racines du monde. L’univers avait perdu son axe et la terre semblait tourner plus vite qu’à l’accoutumée. Ozark avait tout vu. Des morts écrasés au Delta, à ces étrangers trop blafards que pour prétendre être en vie. Il les avait vus, il les avait sentis s’infiltrer en son être alors que la rage lui déliait la langue, abandonnant à qui voulait ses mots mortifères. La terre s’était mise alors à gronder. A pleurer ses enfants prêts à se battre quand elle n’avait rien voulu d’autre qu’adoucir leur rencontre. Le cœur au bord des lèvres, l’homme de la surface était prêt à en découdre, prêt à lacérer les étrangers ayant troublé sa mère Nature. Peut-être l’aurait-il fait si ces autres étaient plus différents, moins agonisants. Il avait vu la peur dans le regard de l’Autre, la fièvre qui emporte les hommes lorsque forcer de contempler leur fin. Le Karnak en avait trop vu des naufragés buvant la tasse dans leurs derniers instants. C’était pourquoi il l’avait soulevé sans grâce, le trainant au loin de cette colline ayant avalé les générations les précédant pour les recracher à cet instant. Ne ressentant pourtant pas assez de pitié pour la bête entre ses bras, il s’en était aussitôt défait dans l’espoir de ne pas s’attacher à ces êtres-là. Ceux qui en venant réclamer la surface avaient semé la mort en leur sillage. Y avait des chrysanthèmes qui poussaient dans le cœur des Uppers et Oz ne pouvait assumer ces pleures. Pas quand il avait été incapable de sauver tant d’autres gens.
Retrouvant la grâce d’un silence lui délitant les lèvres, il avait suivi ses frères d’armes en songeant à Galel, au sommet de sa montagne. En songeant à Etna, qu’il n’avait plus vu depuis trop longtemps. Il pensait à son clan et à ce mal qui les prendrait bientôt. Ce sang qu’il faudra faire couler si les votes étaient concluants. Mais Ozark n’avait pas le cœur à la politique, il n’avait jamais eu l’âme d’un leader, à peine celle d’un combattant. Un soupire lui déchira la gorge alors que sans un bruit, il laissa les autres surfaciens le devancer. S’accrochant à son arc et son épée, il bifurqua à l’abri des regards, décidé à oublier. S’oublier dans le silence, dans l’absence qui prendrait sa carne alors que se perdant au gré des fourrés il pourrait retrouver une vague de paix délavant son âme. Le pas léger, bien moins lourd que ceux de ces Zayinéins trop habitué à ne rien craindre, il lui arrivait de se demander s’il était né dans le bon clan. Lui qui ne ressemblait en rien au sien, peinant à voir dans les traits de Galel le reflet des siens. Il se demandait si sa vie se trouvait ailleurs, loin de ce vide lui écrasant le thorax et cette peur qu’il avait d’un jour rentrer en son foyer pour ne trouver que le vide qui l’habitait déjà.
Les palabres grasses et trop bruyantes d’autres hommes alertèrent le brun alors qu’il s’éloignait toujours plus de ce dernier. Néanmoins, ce furent les marques sur le sol qui accaparèrent son attention alors qu’il évaluait la situation. L’animal s’ébrouait, sa respiration haletante démontrant la rage lui rongeant les veines. Un sourire satisfait étira les lèvres du brun alors qu’il convoitait avec craintes un futur repas. Les mains posées sur son arc, il banda une flèche, le pas lent et leste. Suivant la bête camouflée par la végétation, son cœur manqua un battement lorsqu’il surprit la silhouette recroquevillée d’une de ces choses. Les prunelles affolées, la douce créature était au sol, une main dans ce qui devait être son sac. Les sourcils froncés, Ozark l’observa de trop longs instants, accaparés par sa chevelure ténébreuse et sa peau diaphane. Lui qui avait craché toute sa rage aux pieds de ses frères et sœurs, voilà qu’il se retrouvait bousculé en dedans par un de ces fantômes qu’il avait décidé de haïr du fond de sa chair. Perdu au gré de ses réflexions, un juron mourut sur ses lèvres alors qu’il observait la bête grassouillette et affamée s’élancer de la broussaille vers la biche égarée. Levant son arc, sans réfléchir, le Upper décocha une flèche se plantant dans le crâne de l’animal. Inarrêtable, ce fut dans un cri d’agonie qu’il reprit sa course, le projectile protubérant se dégageant de son crâne. Bandant une seconde flèche, Oz la décocha aussitôt, brisant cette fois la boite crânienne alors que l’animal s’écrasait aux pieds de la délicate échouée en des territoires inconnus. Le travail était mal fait, la tâche bâclée, il n’empêchait que l’étrangère respirait encore, même si lourdement. L’observant depuis sa cachette, le Karnak hésita un instant à dévoiler sa présence à cette apparition venue des profondeurs de la tête. Inconscient d’être tombé dans les filets d’une Perséphone réincarnée, c’est de la frustration plein le thorax qu’il s’avança d’un pas décidé vers celle-ci, son arc à la main et de l’irritation lui éclaboussant les traits.
La douce leva les yeux vers lui aussitôt apparut-il dans son champ de vision, tendant ce qui aurait dû s’apparenter à un couteau, il pouvait voir l’inconnue trembler jusqu’au plus profond de sa chair quand bien même elle prétendait du mieux qu’elle pouvait. Le costume qu’elle souhaitait porter était trop large pour ses épaules, trop lourd pour sa carne. Ozark voyait les coutures sans difficulté, presque amusé de découvrir quelqu’un partageant ses tourments. Celui de porter une comédie qu’il peinait à tenir. Posant un genou à terre, l’animal mort reposant entre eux deux, il posa son arc avant de tendre ses mains désarmées devant la jeune femme. Sans attendre de réaction de sa part, il lui arracha son couteau de pacotille, empoignant la lame à pleine main alors que le carmin se détachait de sa carne tannée par le soleil. Un sourire lui éclata les lèvres alors qu’il était amusé par cette sensation que les années avaient fait une vieille amie. Jetant la babiole au loin, il essuya le sang dégoulinant de sa main sur sa chemise en lin avant de reporter son attention sur l’animal. La bête était grasse, bien portante. Assez enrobée que pour lui assurer de quoi se sustenter des jours durant. Sortant de sa ceinture un couteau, il le tendit à l’étrangère en ouvrant la bouche pour la première fois. « Ne te blesse pas avec. » Bien sur, il savait que ses mots seraient peut-être étrangers, les sons s’échappant de sa bouche une musique inconnue pour les oreilles d’une femme n’ayant connue que l’obscurité. Décochant les flèches s’étant fichées dans l’animal, il soupira face à une des deux en mauvais état. Les rangeant dans le carquois installé à sa hanche, il plantant à nouveau ses prunelles dans celles de l’autre, au risque de s’y perdre de trop longs instants. Posant sa main sur son poitrail, il gronda : « Ozark. Je suis Ozark. » Et elle était un mirage. Une chimère. Une vénéneuse venant des entrailles de la terre.
(c) DΛNDELION

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