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DOWNER - Jaspe
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Message Sujet: Lost in translation [Alena & Kaden]    02.12.17 7:03


LOST IN TRANSLATION Cage me like an animal, a crown with gems and gold, eat me like a cannibal, chasing the neon throne

Il n’avait pas dormi de la nuit. Il était resté devant la porte en métal de la porte de sa fille, à écouter ses lentes respirations alors qu’elle avait vécu toute la soirée sans savoir ce qui s’était passé à la station d’épuration. Elle ne savait pas qu’il y avait eu une attaque, des blessés, et surtout, une ressource vitale pour leur survie, gaspillée. Kaden avait eu une crise de panique dans l’intimité de son appartement, consolé par sa femme qui ne savait pas bien quoi dire de plus que : ce n’est pas ta faute. Son cerveau se tournait et se retournait dans un dilemme terrible et compliqué : dire ? Dénoncer ? Mais pour faire quoi ? S’il dénonçait certains noms, ils pourraient le faire aussi contre lui, et que feraient-ils ensuite ? Tués ? Emprisonnés ? Ça ne changerait rien à leur situation et finalement, il n’avait pas confiance dans le Conclave pour faire quelque chose de juste et utile. A ce moment précis, il n’avait pas vraiment confiance en qui que ce soit à part sa famille et ses amis proches.

Il avait mis une journée entière pour se remettre. Sa femme avait prévenu de son absence mais l’avait prévenu que s’il ne réapparaissait pas très vite, cela deviendrait potentiellement suspect. Et encore, si sa seule survie était en jeu, le biologiste ne serait pas excessivement inquiet, mais il n’était pas seul et il n’était pas totalement exclu que sa femme et sa fille souffrent de représailles s’il se faisait découvrir entant qu’ancien supporter d’Ulysse.

Quand il alla travailler le deuxième jour après l’attaque, son laboratoire était afféré à produire des analyses à la va-vite et à trouver une solution pour booster les réserves. Une baisse de la qualité de l’eau pouvait résoudre le problème sur un temp limité pour économiser ce qu’ils avaient, mais pouvait provoquer des maladies si les personnes en buvant n’étaient pas au top de leur forme… L’un dans l’autre, ils avaient là un dilemme terrible qui aurait des répercutions, quoi qu’il arrive. Déjà nauséeux et mal à l’aise, Kaden resta, à la seconde près, à son poste, maintenant la face, avant de s’en aller immédiatement après la fin de son service. Au cours des discussions animées sur l’attaque de la veille, il avait entendu les noms des blessés et le nom d’une blessée en particulier.

Il avait fait un détour à la boutique et avait acheté trois bonbons à sucer, plein de sucre et de sirop, des denrées rares et recherchées. Ils étaient emballés dans du papier recyclé gris. Il le referma en y faisant un nœud simple avant de se diriger vers l’infirmerie. Il demanda timidement à voir Alena jusqu’à ce qu’on la pointe vers un des lits, entouré d’un rideau vert. Il s’en approcha doucement et s’éclaircit la gorge avant de dire, sans ouvrir le rideau « Heu bonjour… Miss Hodson ? C’est le docteur Jones… Enfin… Je ne suis pas docteur, je suis… Kaden Jones, le biologiste. Je suis venu voir comment vous allez… » il avait les épaules rentrées, la tête baissée et fixait le rideau vert, imaginant la jeune femme dans un état terrible, manquant un bras, une jambe, entièrement brûlée, défigurée… Et si il aurait voulu la voir pour le rassurer, i avait peur d’être encore plus effrayé face à la réalité qui avait toujours plus d’imagination que ses propres pensées.
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DOWNER - Lunien
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Message Sujet: Re: Lost in translation [Alena & Kaden]    02.12.17 13:36



Lost in translation.
Alena & Kaden

Elle aurait voulu partir. Quitter ces lieux, l’odeur infecte qui en émanait, ne plus se heurter au stress des médecins et à la peine des malades et des blessés, ou à leur famille. Elle aurait voulu s’enfermer dans une pièce juste assez grande pour elle, qui l’aurait définitivement coupée du reste du monde. Plus de bruits, plus d’odeur, juste des murs contre lesquels s’exploser les poings, un écho qui lui renverrait sa colère au centuple. Juste elle, elle et ses pensées confuses, elle et sa peine, elle et ses larmes qu’elle aurait alors eu tout le loisir de laisser couler. Alena n’aime pas être faible en public, alors elle a passé la journée à se mordre la lèvre au sang, jusqu’à faire refluer provisoirement son chagrin. Puis elle s’était endormie, écrasée par le poids cette peine, s’était réveillée à nouveau pour demander au personnel soignant quand elle pourrait partir, estimant qu’elle se sentait mieux. Ce n’était qu’à moitié vrai physiquement, et totalement faux psychologiquement. Les infirmiers l’avaient peut-être compris, ou peut-être estimaient-ils plus sûr de la garder encore en observation et de s’assurer que ses bandages seraient correctement changés. Quoi qu’il en soit elle avait été obligée à rester là encore une journée de plus, et par la suite elle aurait régulièrement des visites à rendre pour se faire soigner. La blonde était déjà lasse de sa situation, agacée, en colère, elle avait songé un moment à faire fi de toutes recommandations pour retourner dans la piaule qui lui servait de foyer, quitte à verrouiller derrière elle pour que personne ne l’emmerde, puis s’était ravisée. Elle attendrait le temps qu’il faudra, juste pour qu’ensuite, on lui fiche définitivement la paix.

S’il y avait bien une chose dont elle se félicitait à l’heure actuelle, c’était son nombre restreint de relations. Quelques personnes étaient venues la voir, pour rapidement repartir une fois rassurées quant à son sort, et c’était très bien ainsi. Elle ne voulait plus voir personne, pas même Saul dont le visage lui rappelait définitivement trop celui de son père. Alena avait été contente de sa visite, reconnaissante également qu’il lui annonce la tragédie qui l’avait frappé. Mais désormais elle avait besoin de temps. Lui aussi de toute façon, du moins c’est ce qu’elle se disait, aussi la jeune femme préférait rester plongée dans ses pensées, ses souvenirs, redevenant aussi muette que lorsqu’elle avait été inconsciente. Et alors qu’elle s’adonnait à des exercices de respiration censés la calmer –ce qui ne marchait qu’à moitié, lui permettant juste de focaliser son attention sur autre chose que sa douleur- ce fut une voix à travers l’un des rideaux qui la séparait des autres personnes de la pièce qui la ramena à la réalité. Miss Hodson. Léger ricanement en guise de réponse et déjà la concernée levait les yeux au ciel, exaspérée par cette politesse. Miss Hodson. Elle, fille de traître, ouvrière Lunienne. Miss Hodson. Cette façon de l’interpeller, couplée au vouvoiement qu’employait l’homme derrière le rideau, lui donnait l’impression qu’on la respectait. Et elle n’était pas sûre de vouloir de ce respect, craignant trop l’hypocrisie qui pouvait se cacher derrière. Pourtant elle sait que la personne qui lui parle ainsi n’est pas un mauvais bougre, loin de là. Il aurait pourtant eu toutes les raisons de la haïr, elle et sa façon de lui avoir craché à la gueule pendant des années, mais il n’en a jamais rien fait. C’est qu’il était trop gentil Kaden, c’est ce qu’elle s’est toujours dit. Trop gentil, mais avec un travail qui le passionnait, une femme qui l’aimait et une gamine tellement adorable que même Alena n’avait pu être insensible à ce charme enfantin. Faut croire que ça payait, d’avoir autre chose qu’une grande gueule. Elle avait essayé elle aussi de se faire une place dans la société, de pas faire de vagues. Mais elle avait beau avoir -relativement- réussi, c’était trop tard pour obtenir la vie qu’elle avait toujours désiré.

« Je vais bien. Rétorque finalement la Lunienne, simplement, bien que sa voix soit étrangement dépourvue de la moindre émotion. Sûrement parce qu’elle n’allait pas bien, et qu’elle n’avait pas la force de faire croire le contraire. C’est par ailleurs parce qu’elle ne voulait pas avoir à se justifier sur ses yeux sûrement quelque peu rougis par ses dernières larmes, ou parce qu’elle ne voulait pas avoir à parler de l’attentat, qu’elle fut tentée de renvoyer le biologiste. Elle allait bien, il n’avait pas besoin d’en savoir plus, pas vrai ? Sauf qu’elle ne s’en sent pas capable non plus. Elle ne se voit pas le rabrouer, le congédier sur un ton sec, ou lui faire payer la simple envie qu’il a eue de s’assurer qu’elle allait bien. Car après tout, Alena avait beau ne pas être facile à vivre, elle n’avait rien du monstre qu’on se plaisait parfois à voir en elle. Ce fut pour cela que, après avoir profondément inspiré, elle reprit la parole sur un ton qu’elle voulait ironique. Je suis pas à poil tu sais, tu peux venir. Nullement gênée à l’idée de le tutoyer, et se moquant pas mal de ce qu’il pouvait penser de ses manières depuis le temps, elle ne se doute pas une seule seconde qu’il puisse s’interroger quant à son état, ou  avoir peur de ce qu’il verrait. Elle n’imagine donc pas le soulagement qui le saisira sûrement en constatant qu’elle avait beau être encombrée de nombreux bandages sur les bras, et d’autres sur le dos qu’il ne verrait pas, elle allait bien. Pas d’amputation, pas de défiguration quelconque. Juste des brûlures et des plaies recouvrant sa peau déjà noircie par les tatouages. Alena avait par ailleurs esquissé un sourire ironique en constatant que des brûlures recouvraient l’arbre dépourvu de feuilles qui ornait une grande partie de son dos (représentation de cet héritage familial, généalogique, qu’elle avait toujours exécré). En tous les cas, la jeune femme attendit patiemment que son interlocuteur daigne s’avancer pour la rejoindre, vrillant l’acier de ses prunelles en sa direction. Le visage de nouveau sérieux, elle hésita un bref instant avant de reprendre la parole : Je pensais pas que tu viendrais. » Parce qu’elle ne méritait pas le quart de sa gentillesse, bien qu’elle se soit montrée plus douce avec lui depuis plusieurs années.  

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DOWNER - Jaspe
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Message Sujet: Re: Lost in translation [Alena & Kaden]    02.12.17 17:45


LOST IN TRANSLATION Cage me like an animal, a crown with gems and gold, eat me like a cannibal, chasing the neon throne

Sa voix, sarcastique et puissante, se fit entendre derrière le rideau. Elle ne semblait pas avoir beaucoup souffert, au moins au niveau de son esprit. Ou alors était-ce une façade ? Kaden n’avait jamais été très bon pour réussir à lire les intentions des gens. Il pensait à tellement de possibilités qu’il finissait par s’embrouiller lui-même. Pour Alena, en plus, cela avait été doublement difficile de comprendre ce qui se passait. Sans même se connaître, elle l’avait d’abord désigné ennemi public numéro un et s’était longtemps affairé à rendre chacune de ses visites au centre d’épuration difficile. Kaden n’avait pas trop compris avant qu’il n’interroge quelques personnes du centre et comprenne qu’elle devait possiblement lui en vouloir à cause de son grade ou de sa position dans le laboratoire. L’un dans l’autre, rien de ce qu’il n’avait fait avait directement influencé ce comportement. Il se contenta d’être la même personne polie, serviable et gentille. Au fur et à mesure du temps, c’était comme si elle s’était habituée à sa présence et avait soudainement décidé de ne pas lui sauter à la gorge chaque fois qu’elle le voyait… A présent, c’était comme s’ils avaient toujours été des collègues qui se respectaient. Kaden se dit qu’elle devait certainement finit par en avoir marre ou alors, elle avait réalisé qu’il n’était pas ce qu’elle pensait qu’il était. L’un dans l’autre, le résultat lui convenait parfaitement.

A présent, il ne savait pas trop quoi faire. En fait, c’était la première fois qu’il voyait Alena en dehors du travail. Du coup, il l’avait vouvoyé automatiquement sans vraiment y penser, comme il l’aurait fait en passant les portes de la station d’épuration. Elle par contre, se mit à le tutoyer, comme d’habitude, en lui disant qu’elle était décente. Il ouvrit le rideau timidement. Un tabouret se trouvait près du lit et Kaden s’y installa timidement, toujours aussi dérangé par sa grande taille qu’il trouvait encombrante dans cet espace plutôt confiné. La jeune femme ne semblait pas mal en point. Des bandages, comme on pouvait l’espérer, mais elle semblait avoir été quand même assez épargnée. Tant mieux. Kaden ne se serait jamais pardonné si elle avait été handicapée à vie, paralysée ou pire, morte. Elle sembla un peu perturbée par sa présence. En effet, Kaden n’était pas un de ses amis, et d’autres personnes auraient certainement catégorisé Alena comme une ennemie après le comportement qu’elle avait eu avec le biologiste. Mais finalement, la jeune ouvrière faisait partie du paysage habituel de l’homme, et du coup, il avait l’impression qu’on l’avait attaqué lui, par extension.

Il sortit de sa poche le paquet avec les trois petits bonbons et les tendit à la jeune femme. « Je vous… Je t’ai ramené des bonbons. » il se sentait bien trop bizarre de continuer à la vouvoyer. Surtout quand elle était comme ça dans un lit, aussi vulnérable. « Toute la colonie est reconnaissante du travail que vous faites tous à la station d’épuration. C’est vraiment… » il hésita sur le mot à choisir. Ce genre de discussion n’était simplement pas dans son vocabulaire. « … Injuste ce qui s’est passé… » il avait baissé un peu la tête, les yeux rivés sur le sol, comme un enfant pris en faute qui ne savait pas comment s’excuser.
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Message Sujet: Re: Lost in translation [Alena & Kaden]    05.12.17 16:47



Lost in translation.
Alena & Kaden

Elle le suit du regard alors qu’il daigne s’avancer en sa direction, retenant l’esquisse d’un sourire tandis qu’elle se remémorait ses allures de géant. La taille que pouvaient atteindre certains individus la surprenait toujours, tant il lui semblait inconcevable de se développer sereinement sous terre. Ravalant son ironie, la blonde se contenta de le laisser prendre place sur un tabouret près d’elle avant de daigner lui faire part de sa surprise à le savoir ici. Il fallait admettre qu’ils n’avaient jamais entretenu le moindre rapport en dehors du travail,  si ce n’est cette fois où elle était allée le voir à son domicile pour lui dire justement de ne pas venir à la station d’épuration le jour de l’attentat. Alena avait ainsi fait la connaissance de son adorable petite fille, puis s’en était allée. En tous les cas, la présence du biologiste était donc imprévue. Pour toute réponse, ce dernier se contenta dans un premier temps de sortir un petit paquet de sa poche qu’il lui tendit. Intriguée, la jeune femme fronça les sourcils et releva les yeux vers lui comme pour lui soutirer une réponse au fond de ses prunelles. Ce fut cependant à l’aide des mots que l’homme s’expliqua : des bonbons. Un large sourire fit alors son apparition sur le faciès de l’ouvrière, cette dernière retenant un éclat de rire et préférant secouer la tête comme si elle avait été exaspérée par l’attention. « C’est gentil. » Une façon comme une autre de le remercier sans avoir à prononcer le mot "merci" directement. Ce fut ainsi sur un léger signe de tête qu’elle s’empara délicatement des précieuses sucreries, allant en cacher deux sous son oreiller pour mieux en déballer un qu’elle s’empressa de glisser entre ses lèvres. Alena n’était pas spécialement friandises, en vérité elle était indifférente à beaucoup de choses, mais l’attention la touchait et donnait au sucre une saveur nouvelle. Une saveur qui se teinte toutefois bien vite d’amertume et de colère quand le biologiste reprit la parole, valorisant le travail qu’elle et les autres luniens réalisaient à la station d’épuration. Il lui rappelle que la Colonie est reconnaissante et cette simple idée lui arrache un ricanement méprisant. Ce fut pire toutefois lorsque Kaden évoqua l’injustice de la situation et, n’y tenant plus, Alena explosa.

« Injuste ? INJUSTE ? Le regard qu’elle vrillait sur lui, bien qu’il ne le vit sûrement pas au vu de sa manie de baisser les yeux vers le sol, étincelait d’une rage féroce. L’acier de ses yeux soufflait une menace bien plus effrayante que celle qu’aurait pu provoquer une lame contre une gorge et ce fut d’une voix rauque dont elle contenait péniblement la haine qu’elle reprit : Il y a eu des morts Kaden. Et je ne parle même pas de la merde dans laquelle cette catastrophe nous plonge tous. Mais on aurait pu éviter tout ça. Si on avait arrêté de laisser agir ce fils de pute dans l’ombre, si on s’était occupé de son cas plus tôt. Si… » Le bonbon qu’elle a en bouche claque et tinte contre l’une de ses dents, la rappelant brutalement à la réalité et l’incitant à se taire soudainement. Détournant les yeux dans un nouvel accès de fureur, la jeune femme s’efforça à garder le silence pendant un moment, se concentrant plutôt sur cette friandise qu’elle faisait doucement fondre dans sa bouche. Evidemment la réalité n’était pas aussi simple, Cassidy n’avait visiblement pas grand-chose à se faire reprocher si ce n’est sa manie de convaincre les gens qu’une vie à la surface est viable. Pourtant la blonde ne peut s’empêcher de croire qu’ils auraient dû l’arrêter plus tôt, l’empêcher d’aller aussi loin. Désormais c’était trop tard, et aucune sentence infligée au condamné ne saurait réparer ces horreurs là. Rien ne saurait lui ramener les êtres chers, effacer ses plaies ou assurer la survie de la Colonie. Qui plus est, l’amertume qu’elle a toujours éprouvée vis-à-vis du Conclave refaisait désormais surface, une voix dans son crâne lui soufflant que ses supérieurs ne sauraient même pas prendre la décision qui s’impose vis-à-vis du terroriste. En clair rien ne pourrait la satisfaire, pas même la possibilité d’étrangler cet enfoiré de ses propres mains -pourtant elle en avait terriblement envie-.

Inspirant profondément, Alena finit par balayer l’air d’un revers de main, comme pour chasser ces mauvaises idées, à moins que cela ne soit pour excuser sa véhémence auprès de Kaden. Il n’y était après tout pour rien, bien que le choix de ses mots ait ravivé en elle une rage profonde. Pourtant la Lunienne se doutait que, quoi qu’il dise, le résultat aurait été le même. Parce que dans le fond, comme il le disait si bien, la situation était injuste. Profondément injuste. Dégueulasse et écoeurante. Un peu comme la fois où on a décidé, de par sa naissance, qu’elle n’était pas digne de rejoindre les Jaspe. « Les factions se soucient pas les unes des autres. Reprend-elle plus doucement, toujours en fixant un point invisible devant elle. Elle se focalisait ainsi sur les premiers propos soulevés par le biologiste, cette fameuse Colonie reconnaissante. Si la Lunienne que je suis ne se soucie pas du travail d’un Jaspe ou d’un Agate, pourquoi ces derniers se soucieraient des ouvriers ? Nager dans la crasse nous rend pas plus important. Au contraire. C’est bien pour ça que personne veut finir dans cette faction, que tout le monde voudrait s’élever pour vivre le plus dignement possible. Et pour longtemps. Alena ne blâmait toutefois pas les individus qui méprisaient les gens comme elle, sûrement parce qu’elle se serait montrée tout aussi hautaine et insensible à la condition des ouvriers si elle avait fini ingénieur. Et sûrement parce qu’elle admettait volontiers n’avoir aucune idée de l’utilité des autres membres de la Colonie. Même Kaden dans le fond, elle avait beau se représenter parfaitement son travail, il ne lui viendrait sûrement pas à l’esprit d’éprouver de la reconnaissance pour lui. Pas pour ça en tout cas. T’as vraiment bien fait de pas venir, hier. » Conclut-elle finalement, une pointe d’ironie au fond de la voix alors qu’elle daignait de nouveau le regarder, visiblement plus apaisée bien qu’il fut aisé de deviner qu’un rien pouvait de nouveau l’embraser.  

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DOWNER - Jaspe
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Message Sujet: Re: Lost in translation [Alena & Kaden]    15.12.17 15:29


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Elle prend le paquet entre ses mains et prend déjà un bonbon qu’elle met directement dans sa bouche. Kaden sourit timidement, tripotant ses doigts, un geste qu’il faisait souvent quand il ne savait pas trop quoi faire avec lui-même. Il préférait être occupé au travail, à trier des échantillons, faire des analyses ou écrire. L’inaction pendant les interactions sociales n’était pas son point fort : que faire avec son corps immense ? Comment bouger, parler ? Des fois ce genre d’information le quittait totalement dans une confusion totale et il finissait par dire n’importe quoi à n’importe qui. C’était d’ailleurs pour cela qu’il préférait ne pas parler la plupart du temps.

Mais alors qu’il avait l’impression de plutôt bien s’en sortir étant donné les circonstances, la voix d’Alena monta d’un ton alors qu’elle répétait le mot « injuste ». Les yeux de Kaden se levèrent, incrédules et inquiets. Il avait encore fait une bourde. Lui et les mots qui ne voulaient pas se soumettre à sa pensée. Elle finit par lui expliquer qu’il y avait eu des morts avant de se lâcher plus ou moins sur le responsable de l’attentat, Cassidy. Kaden jeta un coup d’œil par-dessus son épaule mais personne ne semblait vraiment s’occuper d’eux. La nuit précédente avait certainement dû être très agitée et les pleurs ainsi que les cris avaient dû emplir ces murs. Son attention se reporta ensuite sur Alena.

Il se passa une main sur la nuque et il remit de col de son pull en place comme pour se donner une contenance. « Je… Désolé. Je me suis mal exprimé. » il devrait porter un t-shirt avec écrit ça dessus. Ça lui épargnerait du temps et ça épargnerait des crises de tension aux gens avec qui il interagissait. « Oui je suis d’accord. Il aurait dû être arrêté. » dit-il simplement. Il ne savait pas bien quoi dire d’autre à part l’évidence même : Cassidy aurait simplement dû être enfermé et oublié quelque part ou envoyé à la surface pour s’en débarrasser. Le pire étant que ses idées n’étaient pas mauvaises en soi mais que l’application de ses principes semblaient passer par la violence et le désespoir. Deux choses qui ne donnaient pas de bons résultats une fois mélangés.

La blessée sembla se calmer, mais en apparence seulement. Elle se mit alors à expliquer que les factions n’en avaient rien à faire les unes des autres, avant de conclure qu’elle était satisfaite qu’il ne soit pas venu la veille. Kaden avait beau être plutôt ignorant sur tout ce qui portait sur les relations sociales et les codes de la société de la colonie, il savait très bien dire quand il était de trop. Il se leva, la tête baissée et dit simplement. « Je ne sais pas trop quoi te dire, Alena. Je me soucie de mes amis, de mes collègues, de mes concitoyens. On est tous au même endroit, à devoir improviser avec les circonstances. On ne peut pas juste ignorer ce que les autres font, sinon on serait déjà tous morts depuis longtemps. Mais ça ne doit être que moi. » dit-il avant de conclure « Bon, je vois bien que tu ne veux pas de ma présence, je te souhaite un bon rétablissement néanmoins. » souffla-t-il avant de tirer le rideau pour s’en aller.


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Message Sujet: Re: Lost in translation [Alena & Kaden]    



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