Two Worlds :: UPWORLD :: Sylve d'abidah :: Champs
avatar

UPPER - Zayin
Messages 46

Feuille de personnage
RELATIONS:
FATE BREAKERS:

Revenir en haut Aller en bas
Message Sujet: You're gonna miss me when I'm gone | Cilwynn    30.11.17 17:06


« Yeah we were innocent and young » (The Killers → Miss Atomic Bomb)You're gonna miss me when I'm gone.  Le vent glissait sur les étendues vertes, agitant les brins d’herbe qui dansaient lascivement. Allongé de tout son long, une pomme d’un rouge puissant tournoyait entre ses doigts. Caïn la porta à sa bouche et la croqua à pleines dents, arrachant un morceau du fruit juteux. La nature était clémente avec le clan Lamed. Des chevaux à portée de main, des champs fertiles à cultiver, des fruits colorés à cueillir. Si cela avait fait partie de son caractère, l’homme aurait sans doute pu les jalouser. Eux qui possédaient le luxe et le confort d’une terre hospitalière. Cependant, parmi ses nombreux défauts, la jalousie n’était pas à compter. Plus paradoxal encore, Caïn était attaché à cette terre hostile, troublée et troublante qu’était la Cordillère d’Altaïr. Ses pentes rocheuses, escarpées et dangereusement mortelles, n’accueillaient que le clan Zayin. Tous les non-initiés finissaient par chuter du haut des rochers et s’écraser en contre-bas. A l’image de ses occupants, cette contrée était sans pitié.

Caïn s’était souvent considéré comme un être sans pitié. Il tuait sur demande. Ses missions consistaient en la protection d’individus mais le guerrier avait déjà dû combattre d’autres personnes. Quand il s’agissait de survie, le blond n’avait aucun mal à arracher la vie. Son existence valait bien le sacrifice d’un autre. Caïn avait longtemps cru que rien ni personne ne pouvait le freiner, mettre des limites à sa vie sauvage. Et puis, elle était entrée dans sa vie. Elle, Cilwynn. La première fois qu’il l’avait vu, le guerrier avait ressenti comme le tranchant d’une épée lécher ses entrailles. Son cœur s’était mis à battre un peu plus fort, un peu plus vite. Ses yeux s’étaient accrochés à cette silhouette svelte, cette peau pâle, ces longs cheveux bruns. Au fond de lui, Caïn avait tout de suite su qu’elle serait un problème. Un grave problème. Sans un mot, sans un geste, elle était parvenue à transpercer sa carapace et à atteindre une partie de lui qu’il cherchait depuis toujours à éteindre. Des sentiments dérangeants, inutiles et superflus selon lui.

La connaître n’avait fait qu’aggraver ses craintes. Sa douceur, sa vivacité d’esprit, son indépendance. Tout chez elle semblait appeler Caïn. Plus il apprenait à la connaître et plus il avait envie d’en découvrir plus. Jusqu’à ce qu’il n’atteigne le point de non-retour. Caïn se surprenait à penser à Cilwynn, le jour, la nuit. A vouloir dévier de son chemin juste pour tenter de croiser celui de la belle. Pire, à commencer à pouvoir s’imaginer vivre auprès d’elle. Ne vivre qu’avec elle et oublier tout le reste. Face à tout ça, le guerrier n’avait pu rester de marbre. Caïn avait donc fait la seule chose à faire, il avait sciemment détruit tout ce qu’ils avaient. Leur complicité fut sacrifiée sur l’autel d’une solitude trop importante, cruciale à ses yeux.

Aujourd’hui, allongé dans l’herbe avec sa pomme, Caïn pensait encore à Cilwynn. Car elle n’avait jamais vraiment quitté ses pensées, la belle brune.  Malgré les autres corps féminins qu’il avait caressé, les autres voix délicates qu’il avait entendu, la Lamedeen avait gardé une place bien à elle dans sa tête.

Brusquement, elle surgit. Sa silhouette se détacha des habitations, se dirigeant vers les champs d’un pas décidé. Que faisait-elle ? Caïn se redressa d’un bond, jetant sa pomme et accélérant le pas pour la rattraper. L’homme suivit la femme du clan Lamed jusqu’aux champs. Il n’aimait pas la savoir dans cet endroit, seule et désarmée. Ce n’était pas un territoire très dangereux mais le guerrier refusait qu’il arrive quoi que ce soit à la belle. S’armant de son courage, Caïn franchit au pas de course les quelques mètres qui le séparaient encore de la demoiselle. « Cil ? ». Peu à peu, il ralentit jusqu’à s’arrêter à sa hauteur. « C’est moi ... Caïn ».

Elle le savait déjà, il en était sûr mais malgré tout, l’homme tenait à lui donner l’information. Cilwynn devait, tout comme lui, se préparer à ce qui les attendait. Caïn s’avança d’un ultime pas, arrivant juste derrière la jeune femme. Une envie irrépressible de lui prendre la main ou de lui caresser le visage le saisit. Il rejeta ce désir, sachant que la Lamedeen ne devait pas avoir envie de le sentir auprès d’elle. « Je voulais te parler depuis un moment déjà ». Exprimer ses sentiments était la seule chose que le combattant était incapable de faire. Avalant difficilement sa salive, il se jeta brutalement à l’eau comme on arrache un bandage. « Je suis désolé ».  
© 2981 12289 0
avatar

UPPER - Lamed
Messages 28 CRÉDITS : @Keverdeen

Revenir en haut Aller en bas
Message Sujet: Re: You're gonna miss me when I'm gone | Cilwynn    02.12.17 14:51




You're gonna miss me when I'm gone
Caïn | Cilwynn

Un soupir passe ses lèvres. Un soupir de soulagement. L’enfant est bien né et la mère se porte bien malgré la fatigue qu’elle entend dans sa voix rauque d’avoir trop criée. Elle sourit doucement et lave le bébé avant de le donner à sa mère. Elle pose une boisson à base de plante qui va lui permettre de retrouver un peu d’énergie. Elle sort ensuite de la maison en pierre pour trouver le père de l’enfant. Ce dernier est un peu plus loin, avec des amis à lui. Elle lui annonce la bonne nouvelle et elle l’entend courir jusqu’à sa maison. Elle se détourne et s’éloigne tranquillement. Elle marche jusqu’à sa petite maison de pierre où il y a plus de plantes et autres instruments de guérisseurs qu’autre chose. Elle aime l’ambiance qui règne dans son habitation. Elle claque de la langue pour se repérer et attrape plusieurs pots qu’elle secoue avant de hocher de la tête. Elle entend frapper à sa porte et elle laisse cette personne entré. C’est sa mère qui lui apporte quelques petites choses que Cilwynn range comme elle le souhaite. Elles discutent un peu avant que sa mère ne reparte. Cilwynn décide de ressortir de sa maison pour prendre l’air avant d’aller dans la forêt pour aller chercher ses plantes.

D’un pas décidé, déterminé, elle se dirige vers les champs où elle inspire profondément. Elle est heureuse de pouvoir relaxer ses épaules, ses muscles endoloris par la tension d’aider une femme à mettre au monde son enfant. Pour elle, c’est toujours un moment délicat car elle sait qu’une femme peut mourir en donnant la vie et comme elle ne voit pas, elle, probablement, raté des choses c’est pourquoi elle parle beaucoup avec les femmes qui accouchent ou alors elle demande à la mère ou à une sœur de venir afin de l’aider, d’être ses yeux en quelque sorte. Toujours est-il qu’actuellement, elle respire le grand air et que cela lui fait un bien fou. L’odeur des herbes folles qui courent autour du blé est une véritable cure de jouvence pour elle, une véritable détente de sens et de l’âme. Elle ouvre les bras en grand et lève la tête vers le ciel, laissant le soleil et le vent jouer contre sa peau, dans ses cheveux et dans ses vêtements. Elle aime profondément la Nature même si la Nature n’a pas voulu qu’elle puisse la voir.

Elle marche, ignorant que quelqu’un est déjà dans le champ. Elle ne s’aperçoit de sa présence que lorsqu’elle entend des pas précipiter se diriger droit sur elle. Elle se fige un instant avant d’avancer une jambe sur le devant. Ainsi, si elle a besoin de se retourner et flanquer un coup de poing par surprise, elle le pourra … avant de partir en courant. Cette personne est maintenant derrière et d’après elle, c’est un homme mais elle n’a aucune preuve. Preuve qui arrive bien vite lorsqu’il prononce son prénom. Enfin, le surnom qu’il lui avait donné à l’époque. En effet, elle connaît cette personne, cette voix est impossible à oublier. Caïn. Elle ne se retourne pas immédiatement, elle attend simplement. Elle l’entend avancer encore d’un pas et c’est là qu’elle décide de se tourner vers lui. Elle n’aime pas vraiment quand quelqu’un reste derrière elle comme ça, ça l’étouffe un peu. Elle lève la tête à la hauteur du visage de Caïn et plonge son regard mort dans celui du guerrier. Enfin, si un nez a une pupille bien entendu.

Elle a l’impression qu’un nœud se noue dans sa gorge et dans son estomac. Elle n’arrive pas à croire qu’il est juste devant elle. Elle n’arrive pas à croire que la douleur soit toujours aussi vive alors qu’elle pensait l’avoir largué depuis un moment. Elle délivre un léger sourire tout de même. « Caïn … J’espère que tout va bien pour toi ? » Elle est surprise lorsqu’il lui dit qu’il souhaitait parler avec elle mais elle est encore plus surprise lorsqu’il s’excuse. Elle lève un sourcil avant de poser une main sur son torse pour la diriger vers son épaule qu’elle tapote doucement : « C’est de cela que tu voulais parler ? Tu n’as pas à t’en faire, c’est le passé. J’ai l’habitude … » L’habitude qu’on coupe les liens lorsque la personne a rassasié sa curiosité. L’habitude d’être déchirée par les sanglots qu’elle laisse couler lorsqu’elle est seule. L’habitude de se dire qu’on ne l’y reprendra plus. L’habitude d’être trahie. Cependant, elle n’a pas l’habitude d’être aussi mal même après plusieurs années ni qu’une personne vienne s’excuser. Elle enlève sa main de l’épaule de Caïn et dit : « Tu n’es pas obligé de venir vers moi si tu ne te sens pas à l’aise. Ne te donne pas cette peine. » Elle se recule et ajoute : « Bonne journée Caïn » Elle se détourne. C’est comme un poids, un couteau qui lui traverse l’âme tant la douleur est forte. Elle fuit comme elle peut. Elle fuit de peur de se laisser totalement envahir par tout ce qu’elle ressent. Elle fuit devant lui comme une biche apeurée alors qu’elle tente de rester droite et digne et de ne rien laisser paraître. Pourvu que ça marche … Pourvu qu’il ne la rattrape pas … Pourvu qu’elle n’éclate pas. Elle supplie la Nature de l’aider du plus profond de son cœur.

RÉPONSE RAPIDE