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DOWNER - Lunien
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Message Sujet: « I don't need you. [Wendell]    30.11.17 5:51



I don't need you.
Alena & Wendell

« Parler ? T’es sérieux ? Ça changera quoi d’en parler putain. Les morts vont revenir à la vie ? Les brûlures et les cicatrices vont s’estomper ? Non. Alors tu me laisses faire mon travail, à savoir réparer les dégâts tant que je le peux encore, et ton psy tu te le carres où j’pense. »
On avait eu la gentillesse de la laisser finir. Tout un discours visant à discrétiser l’utilité de quelconques psychologues, un discours visant à nier l’existence d’un quelconque problème chez elle et ce malgré le fait qu’elle en avait conscience. Elle dormait mal bien sûr, voir quasiment plus en vérité, et si elle s’était remise de ses séquelles physiques ce n’était pas le cas pour celles de l’esprit. Mais elle nie Alena, parce qu’elle voit pas ce qu’on peut faire pour elle, parce qu’elle préfère travailler pour occuper son esprit, parce qu’elle préfère haïr viscéralement le responsable de toute cette merde plutôt que de songer à la peine incommensurable qui lui broyait les tripes. Sauf que ça ne suffit pas, et si ses supérieurs avaient fermé les yeux pour un temps, cela n’était désormais plus le cas. Ses insomnies nuisaient à son efficacité, elle produisait moins et moins vite. Une erreur de débutant de sa part avait achevé de convaincre tout le monde qu’elle n’allait pas bien. Alors on lui avait annoncé la nouvelle, on l’avait laissé gueuler un peu, jeter des regards furibonds, se redresser fièrement pour faire croire qu’aucun poids invisible n’était en train de l’écraser, puis on lui avait simplement signalé que ce n’était pas une question. C’était un ordre. C’était soit voir quelqu’un, soit être refourguée à un poste moins important et sans nul doute plus dégradant à ses yeux. Le tri des déchets peut-être. Comme si on lui avait pas fait toucher suffisamment le fond, comme si on avait pas suffisamment joué avec sa vie. Ravalant son ironie et son amertume, bien qu’elle fut trahie par la haine dansant au fond de ses prunelles, Alena s’était accordée une seconde de réflexion pour en arriver très vite à la conclusion qu’elle ne voulait pas qu’on l’envoie travailler ailleurs. Non seulement car elle voulait continuer à plonger ses mains au cœur des machines qu’elle se devait de réparer, mais également parce que ne plus foutre les pieds à la station d’épuration sonnerait comme une trahison à ses yeux. Trahison envers celui qui lui avait donné envie de se lever chaque matin pour apprendre le métier de sa vie. Ce fut ainsi dans un grognement qu’elle accepta, pour la forme, avant de retourner travailler.

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Alena n’aurait pas cru remettre les pieds à l’infirmerie aussi vite. L’odeur des médicaments et des antiseptiques lui donnent la nausée, la ramenant à de mauvais souvenirs et lui rappelant le temps qu’elle avait passé ici, auprès des malades et des blessés. Instinctivement la jeune femme effleure son avant-bras dénudé, balafré de quelques cicatrices par-dessus de sombres tatouages. Reste des éclats de métal lui étant arrivés dessus suite à l’explosion. A cela s’ajoutait quelques brûlures dans le dos, provoqués par l’intense chaleur qui l’avait soufflée contre un mur contre lequel elle s’était assommée. Elle avait été retrouvée inconsciente, dans un état pas très glorieux, mais rien de trop grave dans le fond. Rien comparé à la mort, aux amputations et à d’autres plaies bien plus sévères. Elle avait eu de la chance. Etouffant un soupir, la blonde retient sa respiration comme elle le peut et s’empresse de se frayer un chemin au milieu des rideaux décolorés qui permettaient de donner un tant soit peu d’intimité aux patients. Au moins, si psychologue elle devait voir, elle n’aurait pas à le faire au beau milieu de la foule. La pièce serait véritablement privée et c’est là le seul réconfort qu’elle trouvait à cette séance qu’on lui avait imposé. Un réconfort qui ne dure pas, balayé par une voix à travers la porte contre laquelle elle s’apprêtait à toquer pour signaler sa présence. Une voix qu’elle ne connaissait que trop bien. Wendell. Alena s’interrompt dans son mouvement, se figeant derrière la porte en prenant conscience du fait qu’il serait le foutu psychiatre qui la prendrait en charge. Elle qui avait toujours pris ses précautions pour ne pas avoir à le croiser dans le cadre de son travail -préférant se tourner vers quelqu’un d’autre lorsqu’elle avait besoin de faire une cure de luminothérapie- se voyait désormais mise au pied du mur, sans possibilité de se dérober. Et ça la gêne. Terriblement. Déjà peu enthousiaste à l’idée d’avoir à parler des évènements récents à quelqu’un, elle voulait encore moins en parler au Jaspe qui avait partagé ses ambitions. Cet ancien camarade qui avait obtenu tout ce qu’elle avait désiré mais qu’on lui avait refusé. Punition gratuite, injustifiée, qu’elle n’avait jamais digérée. Il avait fallu du temps à blonde pour admettre que le brun n’était pas responsable de sa situation mais elle ne pouvait s’empêcher de l’envier. Et par conséquent elle ne pouvait s’empêcher de le fuir, ce qui n’avait rien de bien compliqué au vu de leurs horaires ou travaux titanesque.

Inspirant un bon coup, Alena préféra prendre la situation à son avantage. Autant lui faire croire qu’elle savait d’avance à qui elle allait avoir à faire, autant tourner tout cela en dérision. Et surtout, surtout, lui cacher son malaise à l’idée d’être ici. Ce fut donc en tentant de prendre un air détaché que la Lunienne toqua doucement à la porte, attendant qu’on daigne l’inviter avant d’ouvrir, de refermer derrière elle, et de s’adosser contre la porte en faisant face au psychiatre. « Docteur Wendell Faraday. Enonce-t-elle simplement, l’esquisse d’un sourire ironique aux lèvres. Docteur. C’est fou comme ça sonnait bien. Presque aussi bien que le terme d’ingénieur. J’ai entendu dire que les docteurs en tout genre vouvoyaient leurs patients. C’est ce que tu vas faire Dell, me vouvoyer ? Le sourire s’étire brièvement, amusée qu’elle était de l’imaginer la traiter comme une vulgaire inconnue. Elle ne pourrait sûrement pas l’en blâmer alors même qu’elle avait creusé le fossé qui les séparait désormais. Souvent elle s’était flagellée mentalement, se disant qu’il était de son devoir de trouver un moyen de fabriquer un pont pour rattraper le coup, comme une deuxième chance qu’elle cherchait à s’octroyer auprès du jeune homme. Elle n’avait jamais eu le courage de lui faire part de ses regrets. Jamais eu les couilles de lui dire qu’elle était désolée. Pour l’heure toutefois, son air bravache finit par se dissoudre alors que l’acier de ses yeux détaille enfin la pièce dans laquelle elle venait de pénétrer. On était bien loin de l’enfer qu’avait toujours incarné la station d’épuration, là où le travail était rude, l’air moite et nauséabond. C’est sûr que dans une pièce pareille, elle aurait pas développé des angoisses liées au manque d’oxygène. Je pense pas que ce soit nécessaire. » Avoue-t-elle finalement en ramenant les yeux vers son interlocuteur qu’elle dévisageait désormais. En vérité elle ne pensait pas grand-chose, mais espérait qu’il n’était là que pour mieux la renvoyer en faisant croire à tout le monde qu’elle avait eu le droit à sa séance. Outre le fait qu’elle ne voyait pas en quoi tout cela l’aiderait, elle n’avait pas envie qu’une partie de son salaire parte dans de banales discussions. Surtout pas des conversations avec lui.

- BLACK PUMPKIN

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