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UPPER - Zayin
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Message Sujet: Run for cover ◄◄ Aëlyah    29.11.17 17:22


Run for coverAëlyah & Caïn
Et la vie suit son cours, chaque lendemain a son histoire. Le chemin le plus court, rentrer avant qu'il soit trop tard. ( IZIA → Les ennuis ) ••• Pauvres fous. Cette mission, ils n’auraient sans doute jamais dû l’accepter et pourtant, ils avançaient tout de même dans la direction indiquée. Caïn avait retrouvé Aëlyah la veille. Aëlyah et son sourire, ce même sourire qui s’effaçait automatiquement à l’époque quand son père approchait. Les deux guerriers se connaissaient depuis longtemps, assez pour avoir combattu ensemble à maintes reprises. L’homme savait les capacités de combat de son homologue féminin. Elle n’était pas du clan Zayin pour rien, il plaçait une confiance aveugle en elle pour protéger ses arrières. Le duo s’élançait vers une forêt en bordure de territoire Lamed. Hostile, sombre et capable de les avaler en un claquement de branches, l’endroit était à prendre au sérieux. Un premier groupuscule de guerrier avait été envoyé là-bas pour neutraliser la menace. Plus jamais on n’avait entendu parler de ces individus. Ils semblaient s’être évanouis dans la nature. Probablement dans l’estomac de la bête à l’heure actuelle.

Leur cible n’était autre qu’un monstre velu, griffu et dentu. De ces créatures cauchemardesques qui pouvait causer des dégâts irréparables au sein d’un village. L’animal s’était éloigné de sa zone habituelle et avait persévéré en forêt, s’approchant dangereusement des habitations et des lieux d’approvisionnement Lamed. Quand la situation devenait périlleuse, quand des vies devaient être mises en jeu, on appelait les guerriers Zayin. Car eux seuls savaient prendre les armes et mettre leurs jours en péril pour protéger le plus grand nombre. Si les autres avaient le savoir intellectuel, ils avaient la capacité corporelle. Le bras musclé, selon les uns mais la chair à canon selon les autres. Les points de vue divergeaient mais l’honneur restait le même à leurs yeux.

Caïn avançait visage fermé, aucune expression ne traversant ses traits. Il réfléchissait, analysait ce qui les attendait. La bête était coriace, puissante et extrêmement dangereuse. Par chance, elle était en terres inconnues. Ils avaient donc l’avantage de la surprise de leur côté. De plus, selon les observations des rares témoins encore en vie, l’animal paraissait jeune. Peut-être pas encore arrivé à l’âge adulte mais s’en approchant. Caïn savait combien la menace était sérieuse. Si ces carnivores-là venaient à migrer et à se rapprocher du clan Lamed, les guerriers-protecteurs auraient trois fois plus de travail en perspective ! Il n’appartenait qu’à eux de changer la tendance en agissant avant que le drame ne survienne.

Ils marchaient depuis des heures, Caïn restait silencieux comme à son habitude. L’homme ne ressentait pas forcément le besoin de parler à outrance pour se sentir bien. Il se complaisait dans le calme et la sérénité. Malgré tout, cela faisait des mois qu’il n’avait plus eu l’occasion de profiter de la présence d’Aëlyah à ses côtés sur une mission. Il fallait donc en profiter. « J’espère que tu t’es améliorée ». Il lui lança un regard et l’ombre d’un sourire taquin se dessina sur ses lèvres. Caïn avait toujours eu une attitude de mentor voire de grand-frère envers elle. Il désigna la forêt du menton, celle-ci se dessinait au loin en une masse opaque et sombre. Les arbres ressemblaient à des pieux plantés droit vers le ciel. Quelque chose dans ce paysage hostile fit froncer les sourcils à Caïn qui récupéra aussi vite son sérieux. « Si on échoue, il va faire un carnage ». Son regard se voila. Echouer n’était pas une option car quand un guerrier échoue, il y laisse la vie. Son existence, Caïn y tenait. Sa sœur avait déjà perdu un père et deux frères en mission, inutile d’alourdir le bilan.

Leurs pas s’enchaînaient, Caïn ne put s’empêcher de penser à ces bribes de souvenirs de son clan. Cela faisait un moment qu’il vivait parmi les Lamedeens, occupé par une mission de protection particulièrement prenante. Les pentes rocheuses du clan Zayin lui manquaient, l’air pur des montagnes brûlant ses poumons lui manquait, la brutalité des siens lui manquait. Caïn ne put s’empêcher une question hors sujet mais qui lui brûlait les lèvres. « Comment vont les autres ? ». Les autres. Une entité. Une famille. Caïn les avait toujours vus comme tel. Là-bas, il y avait Alcyone. Il y avait Rost. Il y avait chacune des têtes de cochon qui constituaient sa grande famille. Aëlyah aussi en faisait partie intégrante et puisqu’elle était là, Caïn en profitait pour glaner des nouvelles.
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Message Sujet: Re: Run for cover ◄◄ Aëlyah    30.11.17 15:36




shoot, now.





A la mort de l'un, le réconfort de l'autre. Pour tous ceux qui la détestaient désormais, les autres venaient à l'admirer en retour. La gosse connaissait parfaitement l'image qu'elle dégageait, plus le temps passait, plus elle le sentait. Ce mépris, ce regard d'autrui qui venait l'accabler. Des murmures, des rejets et au fond l'envie de l'admirer crever en mission. Il y avait ceux, qui refusaient de lui adresser la parole, majoritairement composé de son propre clan et des fidèles alliés de son paternel tombé. Il fallait donc se demander, si cette mission était offerte à la demoiselle pour l'achever, ou pour bel et bien pour ses capacités. Après tout, l'avantage d'avoir la réputation de meurtrière était qu'au niveau des « capacités physiques », cela lui offrait une certaine popularité. Pour autant, ce ne fut pas seule qu'on décida d'envoyer la gamine : Caïn était également de la partie. Cet élément venait donc définitivement retirer la possibilité d'envoyer la brune dans une mission qu'elle ne saurait achever. Caïn et elle, c'était une vieille histoire. Difficile de dire si cela était une chance pour lui, mais il l'avait en partie formée. Un rôle unique, qu'il fut le seul à obtenir sans subir les foudres du paternel de l'archère du temps de son vivant. Il était presque, le guerrier rêvé et fantasmé par les autres clans : grand, musclé, viril et assez intelligent pour ne pas se retrouver entre la vie et la mort à chaque affrontement. L'image, avait une valeur inexplicable dans ce monde. Il n'avait pas besoin de se battre pour obtenir le respect des autres : il s'imposait de lui-même à la simple carrure de l'homme. Pour elle, cela fut une autre histoire. Une réputation dorée, qu'elle vint à affirmer avec ce talent inné de patience, de sournoiserie et de précision lorsqu'il était question de planter une flèche dans les yeux de ses cibles. Tout cela s'était écroulé, et désormais elle devait regagner la confiance du monde du dessus. Oui, parce que désormais la méfiance était de mise avec l'émergence d'autre chose : l'étranger venu des abysses de la terre.

Cela était presque ironique, de se retrouver avec un monstre tapis dans la foret quand la population devait faire face à la plus grande confrontation depuis… trop longtemps. Aly' ne s'était pas avancée sur le sujet, préférant se taire et admirer les réactions. La passivité, une réaction qui n'avait rien de naturelle chez elle, pourtant elle devait s'en accommoder dans certaines situations. Aujourd'hui, à mesure qu'elle s'enfonçait vers une potentielle mort, elle savait qu'il était possible pour elle de lâcher prise. Si de colère elle était éprise, alors de son emprise elle pourrait se libérer. Si de chagrin elle était empreint, alors elle pouvait abandonner un temps ce visage innocent. La chasse, offrait cet étrange instant perdu entre domination et peur de la mort. La confiance d'Aly s'expliquait sans doute par la présence d'un partenaire, qui pourrait toujours la couvrir même dans le pire des cas. Le silence ne signifiait en rien un mépris de l'un ou de l'autre, mais plutôt une observation minutieuse de l'environnement. Aëlyah pouvait compter sur ses vagues connaissances du terrain, mais avant tout sur ses réflexes et sur Caïn, qui lui, serait plus apte à faire office de boussole. Ce fut lui, d'ailleurs, qui vint à briser le silence avec un léger trait d'humour. « T'inquiètes papi, j'vais m'adapter à ton rythme. » La pique était facile et le regard complice perdu dans un sourire qu'elle sembla adopter ne masquait en rien l'humour. Le sérieux revint à sa place face aux ténèbres qui venaient à nourrir l'horizon. Naturellement, elle vint à extirper une flèche pour la déposer sur son arc sans tirer la corde pour autant. La remarque de Caïn laissait paraître un sérieux, presque trop d'ailleurs. Il n'était pas question d'un entraînement : taper trois coups au sol ne suffirait pas pour arrêter un monstre. « Tu n'échoueras pas, j'suis ton ange gardien version sexy. » Elle ? Elle semblait presque contente d'enfin pouvoir retourner en mission sans supporter les clans.

Ce fut naturellement, que l'archère sembla mouvoir sa position. Ne se détachant pas de son partenaire, mais pivotant légèrement sur le côté pour profiter d'une vision plus périphérique. L'homme était inapte à avoir un regard omniscient, il fallait donc que le partenaire soit le regard complémentaire : la confiance, voilà la clé. Pour autant, ce fut au même moment qu'il sembla décidé à venir jouer les sentimentalistes. Sans doute qu'il s'adressait à la plus mauvaise personne pour venir répondre à sa question. Les autres ? Qui ? Ceux qui la prenaient pour une tueuse ou ceux qui venaient la défendre sans oser imaginer ce dont elle était capable. Quel était le pire ? Les réalistes ou les idéalistes ? « C'est un peu la folie, forcément tout le monde est sur ses gardes. » Elle ne mentait pas, répondait sincèrement – autant qu'elle le pouvait en tout cas – et faisait de son mieux pour assouvir la curiosité de Caïn. « Tu sais bien, personne n'ira dire qu'il est malheureux sans toi même s'ils sont tous perdus sans monsieur le grand blond. » Une famille, sans doute, et un membre qui venait à disparaître, venait toujours à entraîner de la souffrance dans ce cercle semblable à une secte d'une autre époque. « Toi sans les autres ? C'est comment sans devoir supporter cette atmosphère de compétition nourrit par les combats ? »





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